La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE SOCIALISl\lE EN ESPAGNE 527 plus convenable, et qu'ils doivent en conséquence s'efforcer d'imposer. Par là, ceux:..ci se trouYeront incapables, clu fait même de leur conviction, d'accepter facilement ce qui sera le fruit d'une plus grande somme rl'intelligence, et qui, ne respirant pas pour le projet la même sympathie que· 1es pères ou auteurs, viendra moclifler ou améliorer ce que ceux-ci ont fait, ne connaissant rien de mieux. • << Nous comprenons que vous croyez qu'il existe une nécessité de formuler une aspiration: mais la nôtre est déjà formulée : elle n'est pas la même que celle de votre commission, mais elle est aussi bonne. La vôtre consiste « à améliorer la condition des classes ouYrières; la nôtre à détruire les classes, c'est-à-dire « à réaliser la complète émancipation économico-sociale de tons les individus des deux sexes ... • Gardons-nous d'analyser ou de discuter ce bref pontiflcal de l'église anarchiste qu'on croirait sorti de la plume d'un Torquemada dérnyé et deYenu réYolutionnaire anarchiste. Cependant les événements se précipitaient. Le 13 fénier 1873, la monarchie savoyarde faisait place à la République démocratique el fédérale présidée par Pi y Margall. Le nouveau gouvernement ne tarda pas à promulgner la Constitution la plus tlémocratique que des pouvoirs réguliers aient encore proclamée, sans pour cela réussir à satisfaire les opposants de gauche. Un fait regrettable survint pour tout envenimer, il y eut conflit sanglant à Alcoy entre les internationalistes et l'armée; mais d'autres éYénements plus tragiques encore se préparaient. Depuis peu s'était formé à Madrid le Cent1·e républicain fédéral espagnol, club formidable qui rappelait assez bien par ses allures et ses prétentions dominatrices, dit Antonio de la Calle, le club célèbre des Jaaobins, dont si grande fut la part de direction et d'action pendant la grande Révolution. L'importance de ce nom·eau foyer révolutionnaire nous fait un devoir de prendre les choses de plus haut. A partir de 18G3, le parti républicain espagnol s'était divisé en deux fractions: les pacifiques et les intransigeants. En 1868, lors de l'insurrection républicaine fédérale socialiste du Ferrol, la scission entre les deux fractions fut ouvertement dénoncée; les intransigeants approuvèrent, les pacifiques blamèrent. Après l'abdication d'Amédée les plus modérés des pacifiques vinrent au pouvoir; ce n'était pas là un fait de nature a désarmer les intransigeants qui formèrent à Madrid le Centre républicain fédéral espagnol dont il vient d'être question. Le vivace club révolutionnaire fut présidé tour à tour par Garcia Lopez et par J. M, Altoguirre. Le but était de condµire la république espagnole dans la vqie de fédéralisme accentµé et des réformes sociales pro-

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