La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA REVUE SOCIALISTE tiYiste et réformiste alors, clans les Yoies anarchistes. Bakounine antit agi en Espagne, dès 1867, grùce à l'aide pt·écieuse d'hommes comme Fanelli, l'ancien lieutenant de Pisacane; F1·iscia,le député socialiste sicilien; Sentinion, Alerini, socialistes espagnols influents, tous collectivistes anarchistes. A ces collaborateurs du célèbt·e agitatem· russe, il faut ajouter André Bastelica, le jeune et éloquent oq~·anisateur de la Fédération iutemationale de Marseille, Élie Reclus et A1·istide Rey qui, sans partager les opinions anarchistes du fondateur de l'Alliance sucialiste révolutionnafre. s'attachaient à son œmTe pa1·sympathie llersonnelle. L'influence bakouniste a pe1·sistéet c'est peut-être à cela que l'on ooit le peu de résultats obtenus en Espagne, eu (,gard à la puissance des moyens mis en jeu. Mai:--n'anticipons pas. L'Iriterriationale espagnole, <léja si puissante, fut triplée dans sa force, lorsque gronda clansPm·is le canon de la Commune. En Espagne, le ret.enlissement de cette troisième g1·an<leinsurrection sociafo,te des peolétaires français signifiant aux oppce ·seurs que leur 1·égimeallait finir et appelant les opprimés à la conquête de lems droits politiques et économiques, eut une influence décisiye sui· la marche du socialisme. Comme partout, !es conservateurs furent frappés de terreur et ayeuglés de colère, tan'dü; que les socialistes étaient transportés d'enthousiasme. Il y eut une heure d'admirable entraînement; les adhésions a la cause de la Commune se confondaient ayec les adhésions à l'lnterriationale, et dans toutes les proyinces d'Espagne s'organisèrent de nom·elles et innombrables sections, qui toutes affirmèrent leur sympathie et leur aclmii'ation pour la RéYolntion du 18 Mars,que l'armée Yersaillaise noyait déja dans le sang de 33,000 travailleurs. La chute de la Commune de Paris cofacidant aYec l'acliYe propagande des journaux de l'lnternati'onale et ayec les conférences publiques organisées par les ouniers de Maùrid, où ceux-ci inYitaient les hommes politiques des différents partis et les économistes bourgeois a discuter avec eux sur les <1uestions concernant le capital et le trayail, l'attention du gouYernemeut fut appelée sur la terrible Association que l'on yenait de déclarer, faussement <l'ailleurs, la seule instigatrice du soulèvement de Paris. Les nombreuses grèYes organisées et gagnées par les ouuiers en Catalogne et autres proYinces acheYèrent de jeter l'épouyante parmi les conserYateurs péninsulaires de tout rang et de toutes nuances. Ces bra.-es voyaient déjà la Commune <le Paris ressuscitée de ses cendres, livrant la dernière bataille a la société bourgeoise. « Nous nous attendons - s'écriait à cette époque un député catalan, républicain riche commerçant de Barcelone - a voir dans un bref <lélaitoutes les sociétés ouvrières, tous les corps de

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