LE SOCJAi.IS~IE EN ESPAG:",E 521 régionale ouvrièr~ de Barcelone (qui paraissait depuis 1867) s'ajoutèrent en jamier 1870: la Solida1·idad, journal de la Fédération madrilëne, OZ Obrero, la Révolucion social, de Palma, la Vo.z del TraboJador de Bilbao et divers autres organes, tous très lus, des diverses fédérations locales. Quelques imitateurs conçurent dès lors l'idée de resserrer les liens fédéraux, pour constituer les sections internationalistes :en parti ouvrier distinct. Dans ce but eut lieu à Barcelone, en juin 1870, le premier congrès internationaliste espagnol auquel se firent représenter directement plus de quarante mille omriers. Quoique considérables, les résultats du congrès ne répondirent pas aux espérances du prolétariat et cela est dû sans nul doute à ce que les résolutions de cet important congrès furent empreintes d'un violent sectarisme révolutionnaire. On commença par condamner la coopération, comme un moyen empirique peu ou point efficace et qui enraye l'actiYité de la classe ounière. Ensuite, on recommanda l'abstention des travailleurs dans les luttes tles partis bourgeois, sous prétexte que ceux-ci sont et se1·onttoujours la tlupe de ceux-là. •C'était ouvrir toutes grandes les portes au 'ocialisme anarchiste; on le vit bientôt. Pour le moment, les internationalistes espagnols ne croyaient pas dépasser les limites tlu !--Ocialismcùe classe. « La classe ouvrière expliqua peu après le nouvel organe de la Fédération espagnole, la Emancipacion, la classe ouvrière qui a besoin aujourd'hui de toutes ses forces, pour réaliser saJ;puissante organisation, et qui a à peine le temps de mener à bout cette œuvre capitale, ne doit pas épuiser ses forces dans ùes luttes électorales qui ne l'intéressent que très indil'ectemcnt. « Ralliés aux principes collecti\'istes, n'ayant ù'autre but que l'émancipation complète des tr~vailleurs, nous subordonnerons à ce but toute notre conduite; nous ne transigerons avec personne, ni ne pactiserons aYecqui que ce soit, qui ne poursuivra pas directement le même but. « Ce but ne peut ètre atteint qu'au moyen de la révolution sociale, et cette révolution sera plus ou moins violente, cela dépend des obstacles qu'y opposera la classe dirigeante. << Sur ce point, nous ne nous faisons pas d'illusion : un ordre de choses basé sur la force, ne peut être détruit que par la force. » On peut expliquer le caractère violent et l'intransigeance de ce langage qui n'était pas celui de l'internationalisme de France, de _Belgique,d'Allemagne et d'Angleterre, par le passé inquisitorial'de l'Espagne qui avait laissé son empreinte sur les cerveaux et par le tait que les premiers travaux de propagande socialiste, dans la péninsule ibérique, furent dirigés par Bakounine qui venait de fonder l'Alliance avec l'idée avouée de jeter l'lnternatioinale, collecM 3(.
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