NÉCROLOGIE 503 NÉCROLOGIE ~ Dans notre clernie1' numé1'0, nous aYions à apporter à notec ami et 1·éclactour en chef l'expression do nos affectueuses condoléan<.;es pou\" la douloureuse pe1·te qu'il venait cle fai1·e par la mo1·t de .-a bonne et reg1·ettée mère Benoite Malon. Celte> fois nous ayons à prend1·e pa1·t. au deuil clenot1·(>oxcellrnt, ami Rodolphe Sirnou llllÎ Yient d'ayoÎ!' la doulem· de pe1'(lt-Oson pe1·e. Le Républicain des Basses-Alpes rencl compte comme suit des obsèques du respectable père du déyoué adrninisti·atem· de la Revue socialiste : Gréoux. - Samedi dernier à neuf heures du matin, ainsi que nous l'a,·ions annoncé, on enterrait 1\1.Antoine Simon, père de l'ancien con~cillcl' d'arrondissement du canton de Valensole, décédé à l'âge de 93 ans. Les funérailles civiles qui, suivant ses dernières YOlonté~, lui ont été faites, ont prouvé une fois de plus que l'estime et l'affection des concitoyens et a:uis d'un homme de bien n'ont pas besoin, pour se manifester, de l'éclat des cérémonies religieuses. Le concours de la population tout entière, rehaussé par la préson~c de six délégués <lela Société la Libre Pensée de lVIanosque et de son Président, a donné à cette cér<\monie imposanle un caractère de profonde sympathie. Le~ cordons du poële étaient po,·tés par quatre amis du défunt. Au cimetière, le citoyen Julien, président des Libres-penseurs, a •prononcé sur la tombe des paroles d'adieu, de tolérance et do solidarité, qui ont p?nétré l'assistance. En quelques mots, qu/3 permeltaicnt seuls sa douloureuse émotion, le fils du défunt a remercié la population et les membres de la Libre• Pensée de leur bienveillant concours, qui l'avait profondément touché. Puis chacun s'est retiré, emportant de cette cérémonie sans prêtres une plus grande estime pour ceux qui osent faire preuve de courage en se passant des oremus et des prières que les gens d'église débitent contre argent. comptant. M. Rodolphe Simon a, le lendemain, envoyé la lettre suivante aux memlires de la Libre-Pensée de l1lanosque : Cher Citoyens : • Merci. Le concours fraternel que, malgré la distance, vous étes venus m'apporter dans cette crnelle épreuve, m'a été doublement précieux; ii a comblé les vœux de mon regretté père et m'a été le fortifiant secours de fraternelle solidarité, seul réconfort pou1· ceux que n'abusent pas les cl'Oyancos dont l'objet constant est d'asservir la raison humaine et de dévoyer ou de corrom - pre les plus nobles sentiments de l'homme. Votre concours, à la fois si modeste et si dévoué, a une portée éminemment humanitaire. En accourant ainsi pour donner aux uns l'appui moral dans les dures épreuves, aux autres le secou1·s matériel si périlleux, lors des épidémieP, à tous l'aide dans le besoin, vous accomplissez un noble apostolat; vous Lionnez un éclatant et fécond exemple de dévouement fraternel; vous faites une œuvre du plus pur socialisme; vous participez enfin à l'avènement de la religion de l'avenir: le Solidarité Universelle. En vous ad1·essant ces lignes, j'exprime le sentiment de la population de Gréoux, dont la déférence et l'admiration pour votre rouvre ont été manifestes. A vous d'esprit et de cœur, . RODOLPHE SIMON, 151 rue Monsigny, Paris.
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