!IIOUVEMENT PHILOSOPHIQUE EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 471 C'est un fait mallteureusement certain que des penseurs considéi-és, à tort, comme tout à fait émancipés, les Kantistes, les Posi tiYistes, et au degré le plus bas de l;échelle, les adeptes de M.Herbert Spencer, conserYent dans leur système l'entité éternellement funeste au genre humain, - Dieu. Ils ont beau l'affubler d\rn faux. nez ou le reléguer dans un coin, comme une inutilité ; sous le masque de l'inconnaissable (the Unlmowable) ou de la. « Dilfl[Jan sich » (la chose en soi), c'est toujours l'ancien 111ystè1e·et le Yieux. (< bou Dieu » qui subsiste pou1·ti-oublei·la raison et paralyse1· le p1·ogTès.Ceshommes, qui ont la prétention de faire la s)·nthèse <lela science, en posent les bases sur le sable. (< L'espeit humain, disais-je dans le tran1il cité plus haut, ne connaît pas de limites; on ne peut lui clit·e,pas plus qu'aux. flots de la mee: « Tu iras jusque là et pas plus loin)). Il faut . lui laisse1·le chamv libre et ne se méfier ni de sa puissance, ni <le son éne1·gie.Ne Yoient-ils pas d'aillem·s, que loin de snpp1·imm·les (< choses au dessus de la physique», ils laissent planer sur nos tètes, en se bo1·nant à nous défendre de les regarder, ce cortège de fantùmes, toujours si attrayants pour des ceryeaux mal façonnés, c'està-dire pour l'immense majorité de l'espèce humaine actuelle? Le wai philosophe enlè,:e tout prétexte à ces faiblesses. Il ne ti1·epas, en quelque point ùe l'espace, un rideau fictif derrière lequel il lais:-;e supposer la présence d'ètl'es imaginaires; mais il :-;'ase. oit hardiment en face du liwe g1·andouyert de la Nature, ayec l'espoit·, pleinement justifié, d'en Lléchifirer un jour tous les feuillets» (L'athéi"sme, p. 30). Ai-je besoin de <lire, combien je suis heureux. de Yoir M. de Roberty - qui ne pouvait connaîtl'c la rna:lheureusebrochure élaborée dans les brouillards de Londees, - a1.Tivc1d·e son côté à la même conclusion, tax.ée <l'extravagance par la cohue des sceptiques. « Un jour arriYera pourtant, ùit-il à son tour, où l'on verra clai1· dans ce qu'on pourrait appeler, ayec Schopenhauer, une superchel'ie de la nature, non pas de la nature purement physiologique <le l'homme, mais de sa nature intellectuelle, dirigée et dominée par les forces et le:; influences qui se dégagent du grand fait de l'association humaine... Nous ne faisons pas un cours d'histoire et de philosophie ; nous nous bornerons donc à rappeler qu'à toutes les époques, il y a eu des philosophes qui, pom· en avoir souleYé un coin, se cloutèrent qu'il n'y aYait rirn de bien mystérieux derrière le Yoileépais de la clé esse. Citons ici Spinoza, dont l'esprit pénétrant démêla une partie de la Yérit.é... L'ètre, la chose en soi, le noumême, l'inconnaissable, Dieu, tous ces liens fictifs des phénomènes, toutes ces synthèses d'ignorances occupant la place et remplissant la fonction des synthèses scientifiques, des vrais caractères communs des choses, attesfont bien plutôt. l'insuffisance du savoir a certaines époques, que l'insuffisance or-
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