LA FORCE 45 "' repent, condamné à une prison perpétuelle, ses biens confisqués, sa « maison rasée et passée au soc de la charrue; ses fauteurs et adhé- « rents, ceux même qui ne l'ont pas dénoncé, condamnés comme "'complices, ses descendants et parents déclarés inhabiles aux "'offices publics jusqu'à la troisième génération. • Les incapacités modernes, qui accompagnent les condamnations pour athéisme, n'ont pas d'autre source. La société eueopéenne n'a jamais cessé d'être sous le joug de !'Inquisition. Elle y est encore, mais passons. Avec la calomnie et les supplices, vient l'appel à la cupidité, à la délation, à tous les instincts peryers : « Quiconque prend part à la croisade, acquiert le butin fait sur l'hérésie. Ses péchés sont pardonnés, ses dettes remises. Tout prince, tout marquis doit, en acceptant un bénéfice, prêter le serment d'exterminer l'hérésie. S'il ne le prête pas ou s'il ne le tient pas, sa terre ou son bénéfice appartient de droit - de DROIT, entendez-vous? - au prince chrétien plus obéissant. Toutefois, comme l'Église est clémente, elle excepte de l'incapacité civile et de la confiscation, le fils qui dénoncera son père. , Eh bien, abstracteurs de quintessence, cherchez maintenant le droit, votre chère entité, dans la pourriture des in-pace, sous le masque du san-benito ou dans les cendres des bùchers. Où est-il le droit pour l'histoire, je veux dire pour l'histoire officielle et doctrinaire? Il siège dans la chaire de l'Inquisiteur, il instrumente par le glaive de ce pieux croisé qui viole, pille et tue, en gagnant son paradis. Soumise à ce traitement énergique, l'hérésie amène son pavillon. Douze cent mille hommes sont immolés au Christ, et la barque de Saint Pierre, un moment battue par la tempête, flotte triomphante sur une mer de sang. A quoi bon poursuivre cette douloureuse promenade a travers les siècles? cet interminable défilé des idées noyées dans le meurtre; cette lutte, sans pitié et sans merci où la force est juge du camp. Qu'est-ce donc que ce droit si fier et si éreinté? Qu'importent ses victoires morales et ses triomphes métaphysiques, s'il n'apparait que pour être proscrit, torturé, égorgé, flétri, si vous le faites parler en matamore et agir en matassin? Force, lui aussi, mais force de vérité et de conscience, le droit ne s'impose qu'à un petit nombre d'âmes fortes et désintéressées. C'est le lent et indisp.ensabletravail de propagande qui précède la lutte à main armée. Venir, poitrine découverte, sommer l'aristocratie et l'égoïsme, ou bien démontrer à des fétichistes les hontes de leurs mystères, c'est courir à la mort avec plus de folie que d'hél'oïsme. Ce suicide n'a de comparable que la foi des masses Yictorieuses à laparole toujours faussée de leurs ennemis. De la part des héros de MachiaYel, tout serment est un parjure, toute transaction un guet-
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