450 LA TIEVUE 80C:IALISTE Yl'C'Ssterling la tonnC' do cuiYre qui ayant le consortiw11, se vendait .10 lin-C's strding; ils nou1·t·issaÎ<'1Ütout sirnplrment l'rspoir clc n'Y<'J1<l1·e 80 et 100 liwcs sterling et s'app1·op1·ie1a·insi des centaiJ1C's clr millions. 'l'ouLcela pm·aissait si bien calculé que les thuriféraires habituels ,lr la haute banque manifestaient beuyamment leur enthousiasme. M. Le1'oy-Beaulieu s'éc1·iait dans l'Economi'ste français et dans le J01irnal des Débats : cc Il n'est pas étonnant que cette contradiction entre la baisse constante de la valeur du produit et la diminution constante dP.sapprovisionnements ait induit un certain nombre de spéculateurs habiles et opulents à entreprendre une campagne de hausse fflti leurpennettait une heureuse razzia. ,.. « 'l'ant pis pour les quelques nigauils qui seront ruinés>) ajoutait le peoi'essem· cl'économie politique au Collège c1oFrance. Cette apologie ne fut pas du goût de la presse d6moet·atique. La Justice la releva en cos tc1·mcs: « Ou t.t'OnYerapeut-être que M. Le1·oy-Bcaulieu p1•ofesseur au Collège clcFt•ancc, réclactcur du Journal des Débats et <lirecteur del' Economiste français, prend un peu trop joyeusement son parti cle l'onio1·se<lonn(·eici à la loi c1ol'offre et la demande pat· l\Il\I. Rotschild, Uil'od, Sec1·6tan et conso1·ts». cc p1·ofcssem· « <l'heureuses razzias » qui a l'air tle professer sur un chcYal arabe, ajoute très élégamment. '!. Gela sera compensépar « ta ruine d'un très grand nombre denigauds. » « Tant pis pou1·les nigauds. l'vlaisjc-vouclrais savoir cc quC'devic-nt la loi, la loi de l'offre et de la demande,quotidiennementgl01•iflée par cc•ssp(•culateurs habiles C'topulents qui pe1n-ont faire quantl il lrur plait« <l'hourcuses razzias». « Et, cc que je clispourlos cniyrcs, .ie pourrais le clire de toutes les marcha]l(liscs, car il n'en est aucune qui ne tombe sous les coups tlcs spéculateurs. Et s'il est prouyé qu'une mat·charnlisc soustraite à la liberté ,los tmnsactions, double et triple m-tificiellcment de yalenl' en c1uelc1uejsours, à qui appartient-il de rétablir l'équilibre? Est-ce <1u'ilsufflra do qualifier « inintelligente et tracassière>) l'inlcncntion <lel'J~tat, pour que la tyrannie de l'agiotage, qui peut toul à coup pamlyser tout un pa,rs, deYienne une bonne chose. Les Débats, qui aiment la libel'té, ne r(·pondent pas.Nous répornlom, pour rux. Si l'i,-;tat peut trouYer le moyen de rétablir l'equilibre détruit, H <loitle faire pour sauver la liberté qui aYait cessé <l'exister. C'est son rfüe à lui. » .\.insi <lisait la Justice, sous la signature de M. Edouard Durrauc. De son côté le journal Le Sociahste fit sui\Te la même citation d'une appréciation, signée Guesde, qui est également bonne à rappele1· :
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