.... LE « KRACH » DES CUIVRES 449 LE << KRACH)) DES CUIVRES Pendant que la Rèpublique,enlisée ùalls la politique oppo'rtuniste, résiste péniblement à t1neopposition complexe, que les cont.ingents cléricaux et réactionnaires rendent si équivoque et si ùangernuse, quelque grand que soit le besoin de réformes; penclant que l'on piétine sur place, l'inquiétude au cœur, en attendant l'obscure et terrible inconnue que révèleront les idées électorales d'octobre, les hauts et puissants faiseurs de la haute Banque ne chôment pas, eux., et par des ruines marquent le chemin parcouru. Nous avons eu d'abord (pour ne parler que des grands désastres) la déconfiture du Panama qui a englouti les épargnes de 800.000 souscripteurs. Ç'aurait dû être assez; -mais le marché français n'était pas encore reyenu de l'ébranlement causé par la douloureuse débacle, qu'éclatait comme un coup de foudi-ele Krach du Syndicat des cuivres, ayec un passif de plus de 400 millions. Ce qu'était ce syndicat nous l'avons dit ici même, il y a quatorze mois, en demandant, bien vainement, contre lui l'application de l'article 419 du code pénal (1). Remémorons en peu de mots... Des financiers s'étaient groupés en consortium pour l'accaparement du cuiYre. En tête du consortium étaient la mai'son Rothschild (2) le Comptoir d'Escompte, la Banque de Paris, MM. André Girod et Qi, M. Secrétan. L'affaire devait être dirigée par la Société des Métaux, administrée par M. Secrétan. « Le but des accapareurs, dit le Soleil du 20 mars, était de « ramasser les millions à la pelle en faisant doubler et tripler le prix "- du cuivre. ,. Le moment était propice, croyait-on; et en effet, l'opération fut d'abord fructueuse,puisque,du 8 octobre au 23 décembre le cours du cuivre s'éleva de 116,825 à 214,50. La même hausse foudroyante -se manifestait en même temps sur les valeurs minières du cuivre. c·est ainsi que le Tharsis s'élevait de 95 fr. à 171 et le Rio-Tinto de 190fr. à 550!' D'abord les intéressants faiseurs paraissaient donc réussir. Se croyant dès lors les maîtres du marché, ils ne craignirent pas, pour opérer plus expéditivement leur rafle, de payer 60 et 70 li- (1) « Revue socialiste :. du 15 février 1888. (2) M. de Roihschild fit nier sa participation; mais il a toujours été tenu pourl'un des principaux initiateurs du funeste syndicat .
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