La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

ME:'liSO:-IGl•:S CONVENTIONNELS DE NOTHE CIVILISATIO:-S -137 passé ou pom· hàter l'approche de l'ayenir. Réactionnaü·cs et libéramc exècrent éga:lement le présent. La litté1·atnre, l'art, la philosophie, la politique, la Yieéconomique, tontes les fo1·mesde l'existence sociale et intliYiùuelle font entendi·e à nos oi·eille •un seul et mème cri de tloulem· qui peut se tl'aduit~ par cette exclamation : Sortons, soi·tons de l'état de choses existant! ])"où p1·oyient cet état moral intolé1·able (le l'humanité? Du contraste enti-e notre conception scientifü1ne clu monde et toutes les formes de notre Yie intellectuelle sociale et politique. Chacune de nos actions est. en confra<lidion aYecnos convictions et lem· doune uu ,lémeut.i. Un abîme infranchissable existe entl'e c.:eque nous sentons èt.l'e la Yét·ité et les inst.itut.ions traclitionnelles, sous lesquelles nous sommes fo1·cés<leYine et (l'agfr. Cette nécessité cle üue au milieu d'institutions qui nous paraissent mensongèi·es est la sout'ce (lu malaise fiénenx. qui toui·- men te tous les ge1.1scultivés, en n'impol'te (1uelpays. » Qui oseeait contester la Yét·ité tle cet exposé? Ayant ainsi magistralement débuté, l\Iax. Nordau passe a l'énuméi·ation des « mcJJsonges » et commence pal' le « mensonge 1·eligieux » : « La religion est une infirmité causée pa1·l'impedection de not1·c oegane pensant, c'est une cles mai·ques dn cm·actèr·e limité de noke èti-e. Pour le saunlge, temps, espace et caus'.llité sont aussi matériels que les choses qu'il faut percevoii· avec son sens le pins gt·ossier, le toucher. Il se rept·ésente tout ce (1uiest en état de JJL·otluit·e un phénomène sous la figm·e <l'unêtre doué de conscience,de Yolont.é et d'orgaues pom· agir'. Voilà l'ot·igine do la religion chez l'homme primitif. Elle pe1·siste dans le cœur de l'homme ciYilisé. L'obsenation inexacte des phénomènes de la Yieet <lela moet, clusommeil et du rèYe le conduisirent à l'hypothèse d'uue àme. Les causes qui ont agi chez l'homme primitif continuent leur action aujoue<l'hui chez tout espeit qui ne :uneille pas tl'ès séYèrement la naissance et le déYeloppement de ses idées. « L'un des motifs secondaires de la persistance <lusentiment religieux., en dépit de l'émancipatiou mocleme, c'est la lùcheté natm·clle à l'homme qui se cramponne a la foi comme à une arme et à nne consolation. Les hommes orclinaiees, dans les af{lictions excessinis, ne cesseront de retomber dans la superstition enfantine, tant que la solidarité de l'humanité ne sera pas assez générale et asse;,: solidement organisée pour que, dans les besoins pressants, chaque individu puisse faire appel, ayec une absolue confiance, à ses semblables et non à cl'incompréhensibles puissances sumaturelles. << Une aulr·e cause secon(laire de la pet·sistancc <les s0nti11w11ts roligieux c'est le besoin d'un idéal qui reste indélébile clansl'àrnc tle chaque homme, mème du plus grossiet·, et. qui n'est autre chose qu'une puissante envie de l'homme de sortie de son isolement indi-

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