La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

384 LA REVUE SOCIALISTE c\ralemeot afflrmèc 0t par un juste chùtiment, on ,loit les exclm·e tles chaq.r<'spubliques; cc sont les minü,tJ'e::;convaincus clemachinations p01·,·01'ses0t systrmatiques il lem· profit. J>'autrc>s 111<'su1·csdétp1·mine1·ont une sc•lection favo1·ablo au prog1·ès. Elles conct'1·ne1lt la reconstitution <lucorps électoral. Yoici quel a été lp raisonuemPnt rC'tors d<' ceux auxquels on <loit la [ll'èscnte loi sm· les élect,ions : Il est <lenotoriété que les Yill<>sont libéi-alps et que c'est ,lans les campagnes que S<'réfugie l'esp1·it 1·étrognl<le : pat' cons(•quent, ont-ils dit, noyons les Yilles dans les campagnes. Et ils ont. disll'ibué les cii·conscriptions élcct.oral0s de rnani<:'>1·e tiue le Yole des Yilles ftit. toujou,·s en mino1·ité, et qu'il ne tlonrnH une élection 1·épublicaine que lo,·sque, par hasard, son vote recernit, l'appoint fonl'lli par <ks campagnes d'opinion aYancée. Le sc1·utin pa,· a1·1·0JHl issement auciuel nns honm·ables sont reYenus, 0sLla !cwme la plus ingénue <lo cett.e com!Jinaison; le scl'llti n de liste en était une légè1·e atténuation, parce c111cl'esp1·it <ks Yilles s'y fai:--aitplus scnli1·. Quel e ·t IP résultat que donne le suffrage uniYer:--elinstitue sur ces bases'? Quawl ce n'est pas un monarchiste qui so1·Ldt>sm·nes, c'est un homme <lefinanc·es affü!Jlé,on ne sait pourquoi,<h' l'étic1uPlte <le1·é[mblicain; le <leputé :--incèremenLcléYouéaux inle1·êts généraux est forcément l'exeevtion. Nous Youlons èti-e juste a. l'ég,u·tl ,le la population rurale, Pile a son èlit.c qui donne <lel'insL1•ucLion à ses fils; elle a ses conh'ces où l'intelligence rayonne; mais prise en masse elle retarde sm· le siècle; On y subit pa-;siYement l'influence ,lu clerµ-e. Les cspl'iLs y sont assenis aux tom·s cl'idées tntclitionnellcs et a une p1•éyention instinctive contl'e les idées cmancipatl'icPs. On se courbe sou:-- l'ascendant de la fortune héréditairn, rlu nom et des tib·es; on n<' ressent qu'un ,lédain jaloux a l'égar,l de <.:eux.tle sa condition qui émergent tle la roule pat· une intelligence plus ouyerte et plus fel'llle. On ne peut le co11t.estei·, la civilisation en F1•ancc est tenue en échec par les votes ruraux; il n'est que temps de se dépètrm· <le cette obstruction tenace. La loi électorale faite dans l'esprit ploutocratique, c'est-a-clii·e pour assurer la suprématie de la classe qui possè,le, ne pm·met tl'arriYe1·qu'à ceux qui prennent rang dans cette classe, et par conséquent nous lem· sommes immédiatement soumis; la nation se <lébat dans les serres d'une oligarchie sans vergogne et sans cœm'. Le bulletin <le Yote qu'on nous disait plus re<loutable que le fusil de l'i11su1·gé est, sauf a Paris, un misé1·able chiffon de papier, pas plus. On ne se tirera de là que si l'on proclame ce principe : La loi élcclor<Jledoit être conrue cle telle aorte que l'élément démocratique

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