La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA RÉFORME DU PARLEMENTARISME 377 LARÉFORMEDUPARLEMENTARISME ~ Le régime pal'lemcntaire qu·a 1•eyètu la ti-oisième République est déci,lément frappé ,l'une i1-rémédiable impuissance. Par quo_i le remplacet·? Le temps n'est plus, et. nous ne le rcgl'ettons pas, où un chef d'l~tat, comme Chal'lemagnc, Louis IX ou Napoléon, aillé ,l'Lm conseil peut-èke sarnnt mais toujom·s soumis, éclictait des Capitulaires ou rédigeait un Code, pom· imposer se. Yolont.és a son peuple, « et que Dieu yous ait en sa sainte g-ar,le! » Il nous paraîtrait naïf ,le conflm· à un sag-ecle bonne Yolonté, comme flt autrefois la cité de Pallas-Athéné, la mission ,le nous confeclionner une Conslitutio11. Nous ne sommes pa: plus disposés à cnic1· un coll!:'gc<le <l<.:•cenwi1·s, munis <l'un pouvoi1· dictatol'ial et chargés ,le 1·égéné1·e1·l'État. D'autre pal't, l'État est Lout à 1•cfai1·e; il existe, mai:-; mal Yenu, et de complexion malsaine'. S'il est a pen pl'ès pounu de s0s organes, il manque de propol'tion et d'équilibl'c, Luméfié en cet endroit, exsangue et. défait rn ,l'autrrs points. Il est incapable, tel qu'il est, de fonctionnel' normalement; et pour <1u'il puisse de• luimème, et sans min caqnclagc de d1élem·s, effectuct· son œun·e nalm·elle, il faut attendre encol'C longtemps. Que fa:il·e?Nous ne Yo.rnns d'autL·e issue a la situation que de reprendre provisoirement le parlementarisme dont nous souffrons et de travailler a rendre acceptable cc qui est si justement honni. Il nous faut accepter les charges de la liberté; nous n'axons plus clc rois, c'est bien, mail'-sachons nous co1HluireYirilement et sensément; g-érons nos affaires de manière à ne pas 1•ester infé1·ieurs aux ministères t'oyaux; qu'on n'ait pas a clire que l'ère républicaine est une chute dans le g,:lchis, et le déchaînement., faute d'une force qui les refrène, de toutes les convoitises, se ruant à la curée des places et des revenus publics. Le p;ouyernement auquel nous sommes soumis depuis nos catastrophes, et clans lequel nous avions mis nos espé1·ances, n'enp;cn<l1·e quP. déceptions et ayortements. Pourquoi la République, le gouyernement populaire, l'Ètat libre que le peuple a conquis au prix clr son sang, a-t-il failli à ses promesse:-;?Pourquoi l.a plaie clu p1·olétariat touJours plus large ouyerte et toujoul's saignante? Pourquoi, parallèlement a la misère publique, le scandale de fol'Lunes b1·usquement édifiées et qui ne sauraient se justifler pat· tles moyens hon2:;

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