La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE MOUVEMEl'\T SOCIAL EN FRANCE ET A L'ETRANGER 355 ainsi dire qu'activé la propagande socialiste qui se fait <lans les masses, en raison des persécutions dont sont l'objet ceux qui la font. CONGRÈSOUVRIERS.-· Deux grands congrès ouniers ont été tenus à la fin de l'année dernière en Allemagne a Bl'Unswick : du 26 au 28 décembre, le congrès des ouvriers ébénistes et menuisiers, à "\Yeimardu 28 au 31 décembre, le congrès des ouyriers métallurgistes. Dans ces assemblées on a discuté les moyens les plus efficaces pour organiser l'union des métiers et pour solidariser entre elles toutes ces réunions sans enfreindre la loi. L'ÉVOLUTIONSOCIALISTE.- Nous constatons avec plaisir les progrès du sociafüme en Allemagne parmi les populations ag1·icoles. Ces progrès sont dus à deux courants : l'afflux des salariés <le l'industrie à la campagRe, et les idées de nationalisation du sol, idées qui plaisent beaucoup aux salariés <les culti,ateurs peopriétaires. Dernièrement 1400 paysans ont adhéré au programme du parti socialiste. Une ligue se fonde, ayant pour but la recherche des meilleurs moyens pour arriYer à la nationalisation du sol qui compt.e,parmi ses initiateurs, des hommes comme Buchnee le célèbre auteur de Force et ilfatiè1·e et Flurucheim l'actif et éloquent propagandiste. LA GRÈVEGÈNÉRALE.- Voici ce qui est plus immécliate et qui pourrait avoir de graves et immédiates conséquences. Nous reproduisons le tex.te même du journal le Matin : Un événement, qui sera peut-être très grave, menace la tranquillité de la capitale de l'Empire. Des bruits de grève circulent dans la population ouvrière. Cette fois, cependant, il ne s'agirait plus d'une grève, mais la plupart des corps de métier, obéissant au méme mot d'ordre, cesseraient leurs travaux le méme jour. . De Berlin, la grève s'étendrait dans les centres manufacturiers, et sur tous les points del' Allemagne, les socialistes feraient parler d'eux. Il parait que le coup depuis longtemps préparé et pour lequel les caisses des différents corps de métier ont actuellement les fon<ls suffisants, éclatera au printemps. De cette gigantesque manifestation les socialistes espèrent ti1·er des avanfages immédiats au point de vue de la question des i::alaires. Ils veulent, de plus, assurer l'existence du parti, et donner à réfléchi1· sur leur puissance, que toutes les lois et les persécutions gouvernementales n'ont fait qu'accroître, en dépit du socialisme d"Etat dans lequel le prince de Bismarck avait placé ses plus chèl'es espérances, pour combattre les disciples de Marx et de Bebel et ruiner lenrs espérances. La vérité c'est que ni les émollients du Chancelier, ni les mesures de rigueur n'ont empêché la propagande la plus 'formidable et la mien oi·ganistie

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