La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE HEFl<:11E'.'illUM 333 d'acco1·d? Compren,1-on un code de ilt'oit, sol'ti de l'élaboration séculai1'<>de tant Ile jurisconsultes éminent:--, rc,ieté pai' une màjorité de campa:rnards? (''est se moctu01·du peu pl<' que ile:' 1'appele1· à faire ce à quoi il est absolument in1p1·op1·c'.En 111èrnek1nps, cet appel a la yotation populail'e dét1·uit le 1·csso1·tde l'assemblée légishttiYe. Dans le t'égime rcpréseutatir chaque député se sent 1·esponsable des t·ésolutions que son yofo conti-ibue à fai1·e \)l'<h-aloi1·,1nais quand il sait c1ue la <lccision su1wême apparticntau peuple, il :;e senti1·adimiuné, il étu<liel'a moins les projets de loi, il Yotcrn à la l(•;.n•1·c. « Les partisans du 1·eferendum ne ma114.ut'HLÏ[)Oi11L de n\pliquc:w. La Chambre, disent-ils, ne set·a pas annihildc:>; m1·is elle ces:-;era cl'Mre omnipotente. En g-éné1·al, on l':-;t d'ac:co1·,l pou 1' p1·éconi:-;e1·une seco11tleChambre et une seconde délibét·ation. Seulement, con:-;titue1' une secoll(le Chambre douée <le Yic et cl'auto1'itü dans un pa,rs kès démoc1·atique, est f01·t <lif'fîcile.L'appel au peuple eu li<'n<l1·ali<'u. Il fait l'effet cl'un conseil de 1•ryi:-;ionc1ui ca:-;~('t·aou 1·,ltiÎlera les <lccisions de l'Assemblée rep1•é:-;<'ntatin', ap1·è:-;un Ionµ· <'L nourcau débat, transpol'té, cetie fois, :-;u1·lc fonun. ~Iill aadmi1·a1Jlc:'me11trait re:sortir le danp;et•1q11i1·ésnlte de l'onrnipotcn<:e sans frein d'une Chambre unique, Yite empo:-téc aux. ex.ces cL au Yediµ-c:',comme le p1·ouye l'exemple tles empe1'eu1·s 1·on1ains et de• lou:-; les ilespoics. AYec le referenrlum ce pé1·il clispa1·ail. « Le referendum a l'ayantag-e d<'monll·<.'1·d'tuH' rac:on('aime et sùrc> oü est la majorité Yét·itable ... La minol'ité n'a plus alo1·:-;<tu'à S(' soumettre. Récemment (1884) en A ng·l<'LC'tT<',pou 1· bris01· l'opposition de la Chambre des lords à la nouYelle loi électo1·al0, ropi11ion a eu recours à une scrie de meeting:-;, où l'on c:omptait Je>:-; assistants aÎln de prouver que hi majorité était ac:;(1uise à la 1·èf'orme. Cet appel au peuple était une :--ortede refere.ndum, mais qui produisait une agitation presque révolutionnaire. Dans l'automne 1884, en Belgique, les deux. partis ont fait défiler deyant le palais du roi de longue,; colonnes de soixante, <lecent mille homme:-;,chaque pal'ti s'efforçant de montrer ainsi qu'il pos~é<lait la majorité. Si c·est la majorité et la volonté populaire qui doivent l'empol'lo1·, mieux. vaut les con~ulter directement comme on le fait <-'Il Suisse. « Il faut bien avouer que trop souvent le suffrage, même universel, est un leurre et que la nation qui en est armée ne parvient pas a faire préYaloir ses désirs. Ses représentants se jettent dans <lesaventures extérieures; sans cesse, ils augmentent les al'mements, les emprunts et les impôts. Le peuple gémit, rechigne, <letemps a autre fait une révolution; c·est une nouvelle cause de dépenses, et rien n'est changé. La Chambre <lite représeniatiYe ne rep1·ésente nullement la volonté des électe~rs. Celle-ci ne peut se manifester réellement que par le 1·eferendum. •

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