La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

3Z8 LA REVUE SOCIALISTE du pays ne sel'ait jamais représentée et la moitié à peu près des électeurs Yiclo1·ieuxse Lr·ouyei·aitdans le même cas par la diYision <lesassemblées en majorité et en oppo::;ition. « ::S 0 Dans les élections, l'intrigant a J'ayantage sur l'honnête homme, parce qu'il ne reculera pas deYant. une foule de moyens qu'un candidat honorable dédaigne; l'ignorant. à l'ayantage sur l'homme do talent, parce que les frois quarts de:-;électeur:-; Yoternnt et denontltoujours Yoter sans connaître et sans pouvoir juger le candidat. « D'ailleurs, l'élection elle-même est une fiction absurde; ou rnus ,Ieman<lezque l'électeur dépose son Yote rl'aprE>ssa conYiction personnelle, <l'a1Jl'èsla coanaissance qu'il a du talent, <lela probité et des opinions du candidat, et alOl'8 vous demarnlez l'impossible; ou Yous Youlez que l'électeur YOLepour un can,li<lat ,Iésip:né par un comité èlectoral, et alors Yous n'ayez plus ,l'i:ilection, Yous n'ayez qu'une nominal.ion opé1·éepat· une petite cotel'ie. Aus::;i l'histoire prouve-t-elle que, <lans toute as:c;emblée, les cinq sixièmes des députés sont des hommes médiocres. « 6° Dans l'as. emblée, beaucoup de personnes honorables changeront de caractère; l'honnéte homme :r reniera le plus souyent. ses conYict.ions. Il y a de::;tentation::; auxquelles il ne faut pas exposer les hommes, sous peine de les Yoir succomber. L'une de ces tentation::;c'est ie pouYoir de s'éleYer, de s'enrichir, soi et sa famille, de tyranniser enfin ses semblables, sans encourir une responsabilité r1uelconque. « 7° La crainte <lene plus êtrn réélu est sans influence sur la concluite du mauyais repré entant. Plus il Yiole son marnlat, plus il aura la ce1·titucled'être ein-oyé encore à la Chambrn, ne fût-ce que par quelque bourg pourri à la disposition du gouvernement. Aussi les plus détestables députés font-ils la plus longue carrièl'e léµ;islatiYe. « 8° Sous la clomination de la même loi électorale, chaque assemblée qui arriYe doit être nécessairement plus mauyaise que celle qui l'a précédée. A prem·e la Constituante cle 48 et la Législature qui l'a suiYie. Les démocrates se découl'agent et s'abstiennent. 9° Les assemblées législafo·es sont l'incarnation de l'incapacité ainsi que de la mauyaise Yolonté. En législation, elles commettent continuellement des attentats contre les libertés du peuple, ou elles lincnt les_<leniers tlu pauvre aux spéculateurs; en polili<1ue, c'est pis encore. On attaque partout le droit <lesnations en se ye11<lantau ,lespotisme. « S'il est nai que le système représenta.tif porte en lui le g-crmc ,le la mor·L;s'il est n·ai <1n'ils'est suicidé lui-même en France, par t! uclle au Ll'c li>l'111ede gouYe1·uem<'nt lloit-on le 1·emplacei·'? La

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==