LE SOCIALISME CHEZ LES ESPÈCES INFÉRIEURES 315 consciente, (loue système nerveux doit f>tre assurément 1liRsém i né, réparnlu, c'est-à-diL'e sans oq1;ane central, dirocteur) fo1•mo1·des sociétés chez lesquelles la division ùu travail org-anique est aus::;i avancée et aussi profonde. Là, les pa1·tisans de la connaissance absolue des lois sociales ne diront pas que le socialisme a étô 111édité, réfléchi, voulu, déterminé, agencé; non, c'est la nature qui a tout fait. La nature vient nous démontrer, nous prnuver que les phénomènes sociaux sont d'ordre>purement naturel. « La nécessité sociale n'est au fond qu'une nécessité naturelle.-. Le socialisme inconscient que nous co11stalo11schez des êtres qui no l'eçoivent que des sensations confuses,pas même localisées, et qui consé11uemmeutsont p1·ivés de toute faculié intelligente ou consciente, m'autorise à dil·e que la sociabilité est comme la mora.lité, comme l'intelligimce déterminée pa1•les lois naturelles. Le socialisme instinctif est celui que nous constatons chez nos sociétés humaines ; bien qu'étant pal'fois un peu le fruit de c1uelquessentiments dont les hommes ont conscience, tels que ceux qui se manifestent à la veille 1l'unc guerre, lors de l'exécution d'une chose qui exige l'association <1esforces intellectuelles et physiques d'un certain nombre d'indiYiùus, il n'en est pas moins lar~e quo le socialisme inconscient. Il y a ,lans ces réunions d'hommes en vue de produire quelque chose ile gigantesque une sorte de sociabilité et co11séquernment<lesocialisme; mais, nous le répétons, combien cc socialisme <•st infél'ieur, moins la1·ge, <1uoi11u'ily ait en danti les L'ol'ccs<1uil'ont pi·oduit, quclr1ue forces intellectuelles, au socialisme ineonscient que nous venons de constater chez quelques es11ècesinférieures de l'animalité. Quant au socialisme conscient que uous aperceYons à l'horizon, étant actuellement dans la pél'ioùe transitoire qui nous conduit 1lu socialisme instinctif au socialisme conscient, il sera l'œuvre ùe gens intelligents, savants, convaincus. Il est le seul qui soit 1·éellement modifiable, perfectible. Le socialisme de nos sociétés qui, nous le répétons, est le fait d'une nécessité naturelle, consiste dans les relations étroites, temporaires, qu'ont parfois deux ou plusieurs individus par suite de quelques eirconstances, d'un concours d'événements. La joie, la tristesse, le bonheur, le malheur, le trayail et une foule <l'autres caus0s établissent temporairement une sorte de sociabilité, bonne ou mauYaise, entre quelques individus. Ce sont là.des conditions qui suscitent des rapports sociaux. Voila tout le socialisme de nos sociétés: vous voyez combien il est informe, bàtarù. Il n'est, en plus, guère perfectible, parce qu'un socialisme n'est perfectible que lorsqu'il met tous les membres de la société sous le même niveau liberlaire-égalitaire; que lorsqu'il donne à tous les mêmes conditions sociales, les mêmes moyens d'existence.
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