La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

BLANQUI SOCIALISTJ;; 301 intransigeance révolutionnaire d'une part et certaines temporisations d'autre part. Mais nous n'en serons pas étonnés si nous nous rappelons que Blanqui est l'homme de trois générations révolutionnaires 1830 ; 1848, 187l; de quatre, si l'on tient compte de son action dernière, dans l'ultime période initiale de 1879-1880. L'élève de Buonal'Otti revenait parfois à l'idèe héroïque que tout peut être résolu par une audacieuse main-mise révolutionnaire sur les pouvoirs publics; mais l'homme d'Etat éminent, le penseur érudit et perspicace dont l'esprit s'était plié aux disciplines philosophiques et économiques nouvelles, s'avouait bien vite que les révolutions ne sont que des crises d'évolution, qu'il faut savoir se préparer en les attendant, pour, le jour venu, ètre à même de p1·0céder avec décision, mais en n'extrayant de la situation que ce qui est immédiatement réalisable. • L'épitaphe de Ferdinand Lassalle, rédigée par Henri Heine, porte ces mots : Penseur et Combattant Nul mieux qu'Auguste Blanqui ne mérita ce double éloge, car il fut grand par la pensée, grand par l'action, grand comme révolutionnaire, grand comme socialiste. L'Histoire lui accordera une place glorieuse parmi les plus illustres ouvriers de la rénovation sociale au dix-neuvième sècle, et ce sera justice. B. MALON.

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