La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

292 LA REVUE SOCIALISTE clifflcile. En p1·incipc, <l'aprÈ',;les lois de la moralC', c'est aussi une question jugée. En p1·atique, c'est un abime inconnu, où l'on ne peut marcher que la :-on1le à la main. Est-il possilJlC',le bùti1· d'ores et clèjil un rdifice <l'où le capital ,;oit pro,;crit. AYon,;-nous lr plan, les 111até1·iaux,tous les éléments de crUe maison pl'(•('ieus('? Les sectaires disent oui, les r(•yolutionnaires disent non, et il n'y a de yrais ,;ocialistes que les réYolutionnai,·es, car ils sauycgarclent bien mieux l'aY<.>niqrui appartient au socialisme. « Dans cette Yoir, ils se rapprochent cles économistes t1ui demandent au p:ouYernemeut le simple maintien ,le l'or,lt-e, rien de plus, nulle inter,·ention constituante. Seulement les économistes iinoquent cette action gom·emementale en fayem· de l'organismr existant, et les réYolutionnaires, contre, parce que 12organisme actuel est reconnu nutuYais, qu'il est condamné par la justice, par les protestations de la conscience humaine. >> Blanqui est certes trop exclusiYemmit négat.eur, trop unilatéralement destructeur, t1·op oublieux des lois géné,·ales ,le l'éYolution humaine, lor:qu'il écrit: « Qne le gournmement écrase les religions 1·éyéJécs comme assassins nés cle l'espèce humaine. Premie1· cleyoii· ,le police. Sans ce nettoyage rien de possible. Que les oppresseurs rnatél'iels : fonctionnaires, capitalistes, soient, les uns balayés, les autres placés sous une suneillance inexorable, seéüu<l 1leYoir. Jusque-la, la marche est simple. 1\Iais qu'un gonYernement s'ingère <le .créer, a priori, ,l'imposel', pa1· ant,ol'ité ,le sa science certaine, un organisme social de fantaisie, non, rnillr l'ois nou ! Ici commencerait la ,lémence, pour ue pas <lirP-le cl'ime. Ici serait la source des désastres. » Entre l'organisation utopique ri la politique reconstructiYe il :ra un abîme; Blanqui ne l'ignorait pas, d'autres parties de son œm-re en témoignent, à l'encontre <lu négatiü,me t.1·opalJ:-olu et tout écciclentel que nous ayons dù releYer ici. C'est ainsi que les lignes suiYantes sont d'un sociologue de science et de ré(lexion: « L'organisme social, dit-il, ne peut être l'ounage ni d'un seul. ni de quelques-uns, ni de la bonne foi, ni <lu dérnuement, ni même tlu génie. Il ne saurait être une improYisation. Il est l'œune ,le tous, par le temps, les tàtonuernrnts, l'expérience progres:-irn, par un courant inconnu, spontané. Ainsi le fleuYe se forme peu à peu par l'affluent '<le mille sources, ,le milliards de gouttes d'eau. Abaissez les obstacles, créez-lui une pente mais n'ayez pas la prétention de créer le fleuYe. )) Et le grafül réYolutionnaire continue, ayec une éloquence comrnunicatiYe, appuyée sur un raisonnement impeccable. c. Non personne ne sait ni ne détient le secret de l'ayenir. A peine

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