LES IJ\1POTS 277 cel'tain que celui qui, ayant un capital consiclé1·abl0, ne paye l'impcit que sm· un petit 1•eyenu, n'est pa~ imposp p1·opoetionnellement à ses biens. » ProductiYité insuffisante, tn·opo1·tionnalité et incidence clouteu::;e::;, yoilà (les 1·aison::;décisiYes confre une taxe unique (1ui se!'ait f'o1·cémeut trés éleYée et dont par conséquent les ,16fa.nts seraient plus sensibles en l'absence rle tout conccr,if. A cause cle l'impossibilité ,l'obteni1· <l'une seule taxe la somme totale des dépenses publiques, et aussi afin d'a1·1•iyer pa1· une Yoie moins imprncleute quoique plu::; empi1·iqne à une snffbante p1·opo1·- tionnalité, notre sy. tème d'impots co11siste dan::; une combinaison de ,liYerses espèces d'impôts multiples, ya1·iés comme les formes • que peuYent affecter les 1·eyeuus cles citoyens. Rien <l'ailleurs ne corrige l'inju::;tice d'un impôt unique puisque, comme 10 clit Peou- (lhon, « il aueait pone effet cle nw1tre plus 011 1·eli('i' l'anomalie (c'est-à-dire l'impm·f~ction) commnne_à chac1ue espèce d'impùt, anomalie qtii se Yoit.et se sent d'autant moins qu'Plle s'éparpille daxantag-e. » Au contrnil'e an'c· des taxes rnulliplcs, on JX'ut essaye1· c1·établir une .espècP ,le compensation <.'·quitablcPntt-e les injustices inhél'entes à chaque tax0 en pa1·ticuli01·. Tout cela n·ernpéche qu0 la France 110 soit l'un ,les pays où le 11éYeloppemcnt des impôt:, de c:onsomm,üion r<:rnlrnit le plus inclispensable une taxo 1li1·ecte <10 1·c(h-essemcnL, exigeant justement <les classe· aisées, moins è1n·onYécs qup les classes pau- ,-res par les impots de consommation, nu supplément ,le contribution. L'impôt géné1·al su1· le l'CYCnu n'est donc pas illégitime. On pou1'rait l'introduire clans notl'e srstèmc fiscal, mais a condition Lle ne pas se fait·e illusion sur les facilités de la frau<le, sur les clifflcultés cl 'application et sm· le p1·ocul i t qu'il est possible d'en obteni1·. L'exemple 11el'Italie, qui en a /'ait une ,les principales ressources ile son trésor, n'im·ite point à dépasse1· une limite assez faible dans la fixation d'un tel impt>t, à rnoius de pesee lourdement sur le::; classes pam-res et cle n'êti·e à aucun degré une taxe de reclressement. En effet un impôt su1· le 1·e,·cnu no peut êtee laegement productif qu'à la con<lition de frapp01· sur· les reyenus les plus faibles. Ainsi en Pellsse, l'insuffisance des recettes de l'impôt sur le reYenu (Einkommensteum·) a nécessité la. création <ln Classensteuer, impôt spécial par lequel on atteint les reycnus les plus faibles; et malgré la progression clécroissante du tai·if, il est plus productif que l'Einkommensteuer. Néanmoins l'idée <l'une taxe cornpléiementail'c propo1·tiounelle est conciliable ayec notre système fiscal à la conditiou cle se montrer large au sujet de l'exemption cles petits 1·eyenus et clc ne frapper les reyenus moyen::; que selon une progression rlécl'ois-
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