La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

266 LA REVUE SOCIALISTE ·LESIMPOTS Sur cc qui concerne 1les impôts le plus beau et le meilleur est enlevé; et nous ne faisons que glaner chez les anciens et les plus habiles d'entre les modernes dans ce travail que nous pouvons divisc1· en quatre parties : 1° Qu'est-ce que l'impôt? 2° Critique des impôts français. 3° Que doit être l'impôt? 4° Analyse des principaux proJets de réforme budgétaire. La plupart desdéfinitionsqu'on adonnéesdel'impô!.sont incomplètes, parce qu'elles ne Yisent qu'un seul point. Par exemple, on a dit que l'impôt était soit une prime d'assurance, soit le prix payé par le contribuable pour les serYices qu'il rcceyait de l'J~tat. L'impôt n'est pas uniquement le prix payé par le contribuable pour les senices qu'il reçoit de l'État, car il est des dépenses publiques, comme le paiement de l'intérêt ou l'amortissement des dettes nationales, qui ne représentent pas rles services. L'impôt n'est tout a fait ni la contre-partie d'un senice, ni une prime d'assurance, car les serYices publics comprennent autre chose~que la police et la justice. La définition de M. Ménicr, sans être parfaite, yaut mieux que celle de M. Em. cleGirardin : « L'impôt représente la mise en Yaleur et les frais généraux d'exploitation du capital national. » Les contributions étant la somme que tous doi,-ent fournir pour payer les senices rendus à tous soit dans le passé, soit clans le présent, soit pour l'avenir, la meilleure définition de l'impôt ne seraitelle pas la plus courte, celle cleMirabeau, dans !'Adresse aux l!rançais sur la contribution patriotique : « L'impôt est une dette commune aux citoyens ». Cette dette est imposée par la loi aux citoyens pour la satisfaction des besoins sociaux. C'est la cotisation mise a la charge des indiYiduspour suhrnnir aux dépenses publiques en Yert.u de la maxime, Ubi emolumentum, ibi anus esse debet. détournée de son application plus modeste du droit civil; chacun jouit des bienfaits de l'organisation sociale, chacun doit.participer à. es charges. C'est en effet cette yérité, proclamée par l'ai·t. 13 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Cüoyen, que le maréchal <1eVauban plaçait, dès 1698, au frontispice de la Dixme royale, pour en·déduire de la manière la plus juc1icieuse,toute la théorie de l'impôt. Une double erreur économique, en sens contraire, consiste à con-

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