La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 231 Ces sentiments de hain contre l'Allemagne orncielle inspirèrente certainement M. Csapo clans Ir <liscours chalrureux. rt ému qu 'il prononça quelques semaine~ ap1•i>sur la tombe ile l'un des chofs rlu socialisme russe, M. Ossip Zedhine, Yic!ime ,le la prrsécnlion <lela police allcmanrlo. Sc::; obsèques ru1·N1t liru le 31 janYier au milieu d'une assistance nombreuse ,le mrmb1·es tle la colonie cle réfugi és russe , polonais, allemand·. Le cle11ilétait conduit par M. Pier re Lawroff. M. et Mme Paul Lafargue ont tenu le~ cordons <lupoê le. Voici la biog1•aphie ,le ce socialiste militanl et p1·atiquant: Zedkine, né en 1853, dans une des riches fan~illes d'Odessa, appal'tenait à cette élite de la jeunt:sse instruite qui se dévoua à la propagande des idées socialiste~ dans la classe onHière. Pour pouvoir pénJtrer d ans la classe ouvrière, pour pouvoir p1\nôt1·erdans les ateliers, il apprit l'état de mr.11uisier. Expulsl, de Russie en 1~71, il se rendit en Suisse, de Li en Alle magne, où il prit une part active au mouvement socialiste. C'est à Leipzig <1u'il connut sa vaillante compagne, qui depuis a partagô toutes ses misères et tous ses travaux. Arrêté en 1881, il dut, après un emprisonnement de plusieurs mois, quitter l'Allemagne. Il se rendit à Paris, où il prit part au mouvement socialiste. Zedkine était un socialiste instruit : il pÔuvait lire une dizaine de langues européennes et pouvait écrire en allemand et en français; il fut un coll11borateur assidu du Socialiste de Paris, du Sozial-Demokratt, l'organe du parti s•)cialiste allemand; de la Volkre itung de N!>w-York, de la Volkstribune de Berlin. Zedkine, bien que sa famille fût très riche, a vécu clans la pauvr eté depuis qu'il s'est jeté dans le mouvement socialiste. li est mort de p1·iva tions. JI laisse une veuve et deux jeunes enfants. L'ASSISTANCE ]l[ÉDICALE DANS LES CAi\IPAGNES. - Le Conseil supérieur de l'Assistance publi"que, tout récemment créé, Yient de prendre les résolutions suiYantes : I Les communes, à défaut de la famille, doivent l'existence aux nécessiteux malades qui y ont leur domicile de secours. Plusieurs communes peuvent s'associer en syndicat pour remplir ce devoir social. JI Il devra exister daus chaque commune ou syndicat de communes un bureau d'assistance publique. Ill Dans chaque département, le conseil général détermine, au mieux des convenances locales, le mode de fonctionnement du service d e l'assistance médicale aux indigents. Ce règlement devra être approuvé par l e ministre de l'intérieur, après avis du conseil supérieuI' de !'Assistance publiq ue. IV Les communes ou syndicats de communes qui justifieront remplir d'une manière complète leur devoir d'assistance envers leurs indigents malades, pourront être autorisées, par une décision spéciale du ministre de l'in térieur, rendue après avis du oonseil supérieur, à avoir une 01'gaoisation spéciale,

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