La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

210 LA nEVUH SOCIALISTE on imputera à crime lC's Yiolcnces des [inconscients; si l'humanité rst YÎOl<'ec·rst à nons srl1h qu·on s'C'n p1·e11<lraO. n ne songrra pas à ,lire qu<' les années ,le rnisè1·e et ,le chômage ont abnlti lC'sirnliYirlus, et qu'après ayoir si longtemps déchaîné les nuages, on est mal Yenu à se plaindre du coup clefoudre. Lorsr1n'un homme simple se trouye lancé, nn et isolé, clans l<>forrni,lahl0 combat d0 la Yie, s'il se Yoit ('crase:\ il no pensr certes pas à cxa111ine1e't à pesrr les torts dr chacun, il ne Yoit qu'mw chose, c'0st <1n'ilmeurt de faim à côté d'autres qui possèdr nt plus qu'ils n'ont b0soin; immédiatement germe dans cet obscur ceneau l'idée de s'appropriee pa1·la force ce qui lui manque, c'est là l'anarchiste inconsci0nt, cet homme a to1·t quant au moyen qu'il emploie, mais <1t1oiserait dire qu'il est seul coupable? Nous, collcdivislcs, nous ne yenons pas <l<-pouillerle riche pou1' en1·ichir 1c pam-re, nous ne sommes pas assez fous (ou assez malins, comme on Youcl1·ap) our c0la, pour crnire que la <1uestion sociale consistC'à meLl1·cen haut cc qui était en bas; ce n'est pas en 1·éalité la déliy1·ancc des pamTes c1ueuous youlons, c'est la délin·ancc <le tous, le droit au bonhem' pom· chacun. C'est une tl'iste chose pou1· l'opulent ,le pens01·que son bonheur est fait cle la douleur et de la misère des aut1·es; cette amertume, nous Youlons la lui ôter. Ceci cli L, nous laissons le (lroit a nos <létracteurs de nous appe1cr af;sassin~, ou .-oleurs, cela simplement parce que nous ne ne sommes pas du même avis. II. LA SOCIÉTÉ ACTUELLE. Si nous jrtons notre regard :mr la société telle qu'elle est actuellement constituée, nous yoyous immédiatement qu'elle n'est qu'un yaste champ de bataille où combattent les forts et les faibles dans un inégal combat. L'homme jeté dan::; la vie doit, à peine sorti de l'enfance, gagner son pain en employant tour à tour la ruse et le force. Les moralistes auront beau nous prêcher l'amour !lu prochain, tant que la lutte vitale durera ainsi, ce beau rêYe ne sera <1u'uneamère ironie; allez donc parler de sociabilité à des gens qui ne pement Yi\Te qu'à la condition d'écraser les autres. Encore une fois, ce n'est pas les hommes que j'accuse, c'est la construction sociale seule que je mets en question. Il est en tout cas une chose que nul homme ne peut nier,c'est qu'à l'heure actuelle la majeure partie ,le la nation ignore en naissant si elle ne !loit pas finir ses jours à l'hôpital, (si elle a encore le boubeur d'arriYer là). L'ÉTAT ACTUEL, Voilà certes un bien triste et lamentable spectacle, mais,me ditesyous je vois, sinon le remède, du moins celui qui peut l'appliquer :

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