La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

UN LIVRE SOCIALISTE POLONAIS 205 naire. » Hélas, ait l'auteur, le parti réYolutionnai1·e con1men(iait seulement a se former et n'avait pas encore en Pologne ce fo rt appui du peuple dont l'influence sm· la politique fran çaise était déjà si grande. . :Malg1·étout, la réaction effrayée par les actes san glants ile la Révolution française, redoutait une seconde RéYolu tion dans l'Eu• rope occidentale. L'effenescence des esprits était générale. A Varsovie , les patriotes d'opinions extrêmes formaient des clubs secrets où l'on fraitait les questions sociales. On y parlait beaucoup des Droit s <lel'homme et de l'égalité sociale. On croyait généralement a la prochaine éman• cipation des paysans; la Constitution du 3 mai é tant consi,lérée comme temporaire. Elle fut l'objet d'une attaque Yiolente tle la part des révolutionnaires et <lesréactionnaires. Les deux. partis se déclarèrent contre l'hérédité du trône. La réaction y Yoyait la violation des droits de la noblesse et les révolutionnair es, influencés par la RéYolution française, la Yiolat.iondes droits de l'homme. Le gouvemement restait enfre les mains d'hommes ayancés mais timides. Le roi conspirait ayec tout le monde, surtou t an'c les cabinets étrangers. L'ancien amant de Catherine II Youla it 1·esterau-dessus des partis et prêchait la modération. Les réactionn aires voyaient dans la nom·elle Constitution l'ex.citation du peuple a la réYolte, et les réYolutionnaircs la considéraient comme réact ionnaire, puis- qu'elle n'arnit pas aboli la coryée. Les courants réyolutionnaires, d'abord relativement faibles, gros- sissaient de jour en jour sous l'influence de la RéYo lution française qui dclvenait victorieuse. Le patriotisme exaspéré po ussait l'opinion publique Yersles idées dejustice absolue. L'auteur cite u n passag-erluli- vre de Stasric: Remarques sur la vie de Jean Zamoskiqui ayait dans son temps une très grande popularité:({.Un boncitoyen obéit aux lois,il reconnaît la société comme propriétaire suprême des biens priyés, il soumet sa Yolonté individuelle a la volonté générale, il efface son indiYidualité en se considérant comme une partie du corps social. .. , son bonheur est alors le bonheur général. » Les monarques, épournntés par la Révolution franç aise, redou- taient une issue fatale pour eux. si rétat des chose s persistait en Pologne. Déja en décembre 1789, Joseph II pal'le de l'esprit de rérnlte semé par les Polonais en Galicie, même en Hongrie, et il fait de pet.ites concessions dans ses Etats. Frédéric Guillaume, dans sa déclaration du 1Gjamie r 1793, dit: « L'esprit démocratique-français et ses maximes abomin ables tendent a se propager partout; ils poussent en Pologne desracin es si profon- des que les émissaires jacobins y trouvent un fort appui et beaucoup

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