LES CONFLUENTS DU SOCIALISME 17 reuse et à un .bon développement intellectuel et physique, et que, pour cela, la société doit, le cas échéant, se substituer aux pareuts mauquants, impuissants ou indignes. Cette conception familiale s'est condensée dans le système <litcles Unions libres, que pratiquent actuelkment, dans plusieurs pay:..;,les socialistes les plus connus et les plus rstimables. et qu'il ne faut pas confondre aYecce qu'on est conYenud'appeler l'Amour libT"e. Sont-il!, pour cela ennemi de la Famille '(Non, ils sont simplement pour une forme familiale qu'ils jugent supél'ieure. La Propriété n'a rien non plus (l'immuable; les formes propriétaires ont autant varié, dans le cours des temps, que les formes familiales; les recherches d'Emile de Laveleye (1) ne laissent pas suhsister le moindre doute sur ce point. Sans remonter au communisme promisque de l'origine des sociétés, nous voyons la propriété longtemps dépendante du droit social; elle ne devient entièrement individuelle (droit d'user et d'abuser) que sous l'odieux droit romain qui, pour notre malheur, nous régit encore. Mais de plus en plus les mauvais résultats du système se font sentir. La forme capitaliste de la production, en régime de propriété individuelle et d'intérêt de l'argent, aboutit à la spoliation de la masse au profit exclusif de quelques parasites malfaisants. On peut dire <le toute~ les accumulations individuelles de capitaux, qu'elles sont le produit du travail d'autrui. En cette occur1·ence,les socialistes posent en fait, qu'il faut revenir au droit social de propriété en lui donnant une forme nouvelle : inaliénabilité ùu sol et des instruments de travail ; appropriation individuelle par chaque travailleur de l'équivalent de sa production, les charges socialeiétant remplies. Est-ce là vouloir la destruction de la propriété? N'est-ce pas plus simplement vouloir une forme propriétaire plus conforme au concept moderne de la justice, et plus en harmonie avec le développement historique et les conditions économiques de la société actuelle ? L'Etat actuel, en Europe et en Amérique, est certainement supérieur aux agglomérations anciennes, basées sur le rapt, le pillage, le meurtre à l'extérieur, l'esclavage à l'intérieur; mais il n'en est pas moins compresseur, démoralisant, parasitaire, c'est-à-dire fort incomplet encore. Nous voulons donc substituer de plus en plus à cet Etat dominateur et spoliateur, et tout empêtré de militarisme, un Etat presque exclusivement administrateur et garant de la chose et de la paix publiques. Nous ne voulons pas pour cela la destruction ile l'Etat, mais simplement sa transformation. Sommes-nous des criminels pour vouloir, comme Ferdinand Las-. (1) E. de Laveleye: De la Propriété et de ses formes pl'imitives. 2
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