La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

DLANQUI SOCIALISTE 167 un outrage et une cl'Uanté. Quel homme de sens a jamais compeis le tex.te de l'exception pour infirmer ou calomnier la règle? Les pa1·- Yenus au patronat ne forment que le très petit nombre. De cette minorité infime a-t-on le droit d'arguer contre l'immense multitude qui naît, languit. et meurt dans la détresse? A-t-on le <l1'oitde la proclamer un ramas d'iyrognes, ùe débauchés et ùe paeesseux.?,, Dans le même esprit, et en poussant les choses a l'extrême, apeës avoir dit, - cette fois ayec raison - que l'épargne ne peut ayoir qu'une efficacité tout indiYirluelle, et que, généralisée, elle s'annihilerait elle-même en réduisant le teavail, il appelle la caisse d'épargne une (<jonglerie>)un ((fléau>), une« création 1·étl'op;ra<lc », une(< pensée d'égoïsme et de corruption », et la rléclat'e imp1·op1'c a conteibuer, non plus que la coopéeation, a la solution 1·apideet raclicale de la question sociale qui ne peut être entreprise que socialement. Comme conclusion, Blanqui s'élèYe én0rgiqucmcnt co11t1·cla JWétention économiste d'émancipee le pc>uple à l'aicle <lepetites sociétés coopératiyes et a l'encontre ,le l'action gouYet'nementale; c'est la une chimère quand ce n'est pas une t.t'ahison; il u·y a <lesalut social que dans l'intenention réparatrice et réformat,·ice <lel'Etat. Soutenir le contrafre, c'est « le plus anrlacieux. <lémenti <lonné a l'éYi- "' dence et a l'histoire, par conséquent une sottise. Pis que cela, une immoralité et un crime ... » « Rien ne se1'ait plus funeste que de déti'nire cette yfrité <lans l'esprit des masses et de leur persuacler que leUt· bien-êfre maté1·iel n'est pas de la compétence de l'Etat. (<C'est ce qu'a tenté la Coopération, soufflée pa1· l'économie politique du laisseqiasser et. clu laisser faire.» On Yoit que le réYolutionnaiL·e français abonde clans le sens de Ferdinand Lassalle qu'il ne connut cel'tainemellt pas. Seulement ce dernier rendait justice a la coopération comme instrument de gron-• pement et d'éducation économique. Mais comme le grand socialiste alleman<l le réYolutionnaire français voit clans l'Etat le facl.em· souyerain du progrès et il sait lui tracer magistralement se,;<leYoirs, non seulement clans l'ordre économique et politique, mais encore dans l'ordre international et planétaire. De là cette philippique contre la prélibation commerciale et l'exploitation capitaliste inteenationalisées : « On sait l'absence totale de scrupules, l'immoralité, la barbarie que déploie le commerce européen dans cette chasse fu1·ieuse aux débouchés. Toutes les régions du globe ont souffert et souffrent de la cupidité féroce de ces étrangers, qui ne reculent devant aucune turpitude, devant aucun forfait, pour assoq.vir lem· soif de gain. "'Lorsqu'il a ainsi organisé la misère et la mort daus son peopre

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