La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

Hi.2 LA REVUE SOCIALISTE :;tance. Ce rut yainement r1uela Commune offrit la mise en liberté de tous les otap;csconti'c la liberté clu seul Blanqui; le sinisfre vicillat·<l - qui youlait cl'aillcms surexciter les passions populaires et Yoir se procluil'e qurlques excès regrettables pom· donner le change sur le massacre abominable qu'il préméditait - refusa toujours. Ainsi n1ornme C]_uaiurait certainement, sinon assuré le triomphe de Pa1·is réYolutionué, au moins contraint les hommes de Versailles a une lrnnsadion 1·épnblicaine, r0sta, sarn, p1·doxte ayouablo, clans une 1n·isonobscure <lu <lépa1·tement clu Lot, pcnclant quo la République sociale était noyée dans le sang de ses défonsours. De toutes les infortunes de Blanqui, celle-là est la plus grande. Enfin, ap1·ès neuf années enco1·e de captivité, la clestinée se déclara yaincue; le peuple <leBo1·<leaux,à la Yoix. tl'Emest Roche, élut l'illustre Yété1·an (les insu t'rections rèpublicaines socialistes et conl1·aignit le gotIYemcment à le rcrnke à la liberté. Cc ne fut que lo commencement des réparations. Dès que Blanqui fut libre, l'opinion socialiste alla tout cntiè1·e à lui. Bn 1879 et en 1880 Blanqui fut Yét·itablement le i·cprésenlant tlu p1·olétariat militant; il fut l'acclamé <letoutes les villes intlusl1·ielles qu'il consentit. a yisito1·; le jeune pm·ti socialiste i·érnlutionnairn le reconnut pom· son patrial'che, le donna comme un exemple aux. jeunes, l'appela à p1·ésiclc1t·outes ses manifestations, toutes ses fètes. Quant à la démocrntie ra,clicale, elle efit été mal Yuc, si elle n'eùt traité ayec considél'ation le Yieux prisonnier cl 'État deYenu la personnification de la République socialiste. De la so1·tc, les <1eux,.lernières années du Yaillant et clu stoïque Yicillat·cl le payèrent <leplus cle cinr1uante ans (le luttes et ,lo cloulcm·s. Et lorsqu'il cnb·a dans le gran<l 1·epos,en 1·ctom'nant à l'éternelle matière, après une belle Yie, puisqu'elle anlit été consacrée au cleYoir social et au mieux. ètre ,le tous, le peuple de Paris lui fit (le 6 jam·ier 1881), des funérailles d'apothéose. Depuis, la fayeur populaire ne s'est pas démentie, la tombe de Blanqui, que Dalou a ornée cl'un chef ,l'œuvre, est. deycnuo un lieu de pélerinage réYolutionnaire. On s'était aussi clécidé, enfin, à étudier les idées de cc gl'anù homme. D'anciens advei·saires aYouaient que son liYre de Clainaux., !'Eternité par les astres, dénotait un penseur original et profond, quo la Patrie en danger (collection des·ai·Licles de 1870-1871) et !'Armée esclave et opprimée étaient le fait. <l'un homme politique qui, si les circonstances lui aYaient été fa-rnrables, amait marqué le siècle de son empl'Cinte novatrice. Enfin N,; Dieu ni JJiaître, le dernier journal du Yieux lutt.em', a..,-aitrappelé qu'il y aYait en lui un écriYain socialiste de grnnde puissance qui méritait d'être plus connu. En p1·éseuce <lecc ju:;te retour d'opinion, Mme Antoine, la tiœur véné-

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