BLANQUI SOCIALISTE 161 d'Etat, et même, dans son journal la Patl'ie en danger, écriyain expert en choses militaires. On n'y prit pas garùe et. cc fut un malheur national. Si ces <lernier8 mot~ Yous paraissent une exagération, écoutez sur le même snjet un homme qui a bien connu Blanqui et que son éYolution yers la République modérée n'a pas empèché de renclre justice au grand réYolutionnaire : « Si Blanqui ayait. été mieux connu certes son rôle après le 4 septembre ai.Irait pu être tout autre. Et c'eùt. été un grand bonheur. Que ceux que cett.e phrase pourrait étonner lisent les admirables articles que publia Blanqui pendant le siège (\ans la Patrie en danger, pages tout enflammées du plus pur patriotisme et en mèmc temps <l'unemeneillense lucidité <l'esprit. Blanqui :r pré<litjusqu'a Buzenyal ! • Pour n'avoir écrit, pour n'ayoir parlé qu'à ,le rares occasions, Blanqui, jusqu'à. la fin de sa Yie, est resté un probléme. Héla8 ! ce ne fut pas seulement. sa faute. Quelqu'u11a dit : « C'est une grande douleur d'être haï parmi les hommes. ,. Cette 1\ouleur, nul plus que Blanqui n'en a connu les amertqmes (1). ,. Je n'ajoute pas ayec M. Ranc: « Les haines, les calomnies, l'ostracisme moral dont il était frappé ont eu sur sa Yie, sur sa destinée, sur son esprit, la plus néfaste influence. Repoussé, il s'est de plus en plus confiné ùans l'isolement. Il a exagéré sa méthode rérnlutionnaire qui, en fin de compte, s'est t.rouyée impuissante. Il a cm a la possibilité d'exercer secrètement. une action effectiYe sur la marche des éYénements à l'aide d'un petit groupe d'amis déYoués. En un mot, il a affiné son tempérament de conspirateur en laissant dormir ses incomparables facultés de politique et <l'hommed'État. ,. Blanqui laissa si peu atrophier ses admirables facultés d'homme d'État que la seule fois où il fut à même de les mettre à l'éprem·e, il dépassa l'attente cle ses plus ent.housiast.es partisans. Ce fut pendant les courtes heures du triomphe trompeur du 31 octobre. Pendant qu'on se chamaillait, ayec tant d'a-propos, dans la salle du conseil, perdant un temps dont chaque minute comptait, Blanqui prenait d'une main ferme la direction gouyernementale, prérnyant tout, parant à tout, avec une présence d'esprit qui tenait de l'inspiration. La Révolution sut, en cette triste journée des dupes, qu'elle ayait son Richelieu, selon la juste expre~sion de Louis Fiaux. Mais la réaction le sut également hélas! Le premier acte de Thiers, lor,-;- qu'il eut résolu de provoquer Paris, le 18 mars, fut d'enleyer le grand révolutionnaire, sachant bien qu'il décapitait ainsi la rési- . . (1) Arthur Ranc; article du Matin, à propos de la mort d'Émile Eudes.
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