LE DROIT DE GRÈVE ET SES CONSÉQUENCES 145 raison qui pût ret~nir aux champs, ceux qui trouvaient leur profit. à traYailler dans l'usine. VII Il est facile d'établir ce que coûte une grève: d'abord la non production, l'arrèt <lansla formation rle la richesse; je sais qu'on peut m'objecter, qu'au moins le grévü,te omTier n'a pas à se soucier de cette richesse, qui ne lui est pas destinée. - C'est une question à revoir bientôt. La grève coûte encore la consommation des geévistes. Ils pcuyent bien restreindre cette consommation, mais ils ne pem·ent la suspendre complètement. Tel est le bilan de toute grève. En temps de grève, on dépense sans rien produire; on vit sur l'acquit; on ne mange pas son blé en herbe, mais on en mange la semence, ce qui est pis; tout gréviste, qu'il soit ounier, ou capitali:te, mange au détriment clela fortune sociale. Beaucoup prétende·nt,qu'en temps normal,le capitaliste ne fait pas autre chose; c'est un point sur lequel j'aurai également à revenir. Or, si une grève est réduite a sa plus simple expression, si elle ne touche qu'a un nombre très limité d'intérèts, si elle ne prornque de perturbat10n que dans un petit cercle de production, il est certain qu'elle aura une action peu sensible sur la masse sociale. Mais, si un homme est libre de <lire : « je ne veux plus ti·an1iller, >> mille, dix mille, cent mille ont le droit de faire la mèrne déclaration et alors la situation change. Plus la grève comprend d'adhéeents, plus elle devient néfaste. Si on suppose qu'elle puisse englobee une branche industrielle toute entière, comme par exemple un centre minier, ou encore l'industrie du bàtiment ainsi que tout récemment la tentatiYe en a été faite a Paris; si, allant encore plus loin, on admet que la grève puisse envahir complètement le monrleindustriel (et cela arrivera indubitablement, si un accord n'intenient pas entre le capital et le travail) alors, il ne sera plus possible de considérer la chose comme un simple désaccord entre deux intérêts particuliers; il y a un troisième intérêt, avec lequel il sera nécessaire de compter : c'est l'intérêt de la Société. Là sans doute, on se· réveillerait de ce doux far-niente qu'abrite le laissez-faire; mais, c'est un réveil qu'il est bon de prévoir, et qu'il serait dangereux d'attendre. Une grèYe générale peut influer sur la société de manière à provoquer sa ruine, tel est l'absolu. Au relatif, une grèrn partielle est funeste, proportionnellement à :-1011 importance. Alors, petite ou grande, il n'y a pas lieu de passer à côté d'une grève et de détourner la tête, pour ne pas la voir. C'est une question de plus ou de moins dans la richesse publique \3tde cet.te richesse personne n'a le droit d'en gaspiller la moindre miette•.
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