Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

:78 conRESPONDANCE Paris, ~5 février 1848. A M. MAURICE Mon cher Maurice, je pense vous faire plaisir en vous donnant de mes nouvelles, au milieu de cette effroyable bagarre. Une révolution est chose dont la curiosité peut venir, quand on en juge sur des récits, mais qui vous fatigue prodigieusement l'esprit par la confusion et le vide, quand on est témoin. Vous con- naîtrez les circonst.ances de l'événement par les jour- naux et la nomination du gouvernement provisoire. Je me borne à vous faire part de quelques détails parti- culiers et de mes impressions personnelles ; cela com- plètera pour vous l'histoire du 24 février 1848. Les fautes d'O. Barrot et de l'opposition qui le suivait ont été énormes, et l'événement a prouvé une fois de plus combien ces gens-là sont aveugles. C'était une faute de provoquer, sous prétexte de banquet, une véritable insurrection; c'en fut une bien plus grande de reculer après la provocation. Sans cette reculade, 0. Barrot et son parti pourraient revendiquer l'hon- neur de la journée, qui appartient incontestablement aujourd'hui au parti républicain. Mais tout a été absurde dans la conduite de l'opposition. Le lundi matin, elle annonce 0ue le banquet aura lieu. Aussitôt l'insurreclion s'orga11ise. Biblioteca Gino Bianco

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