Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

276 CORRESPONDANCE je n'en ai pas moins une confiance, en l'avenir et en moi-même, que par n1oments je suis tenté de regarder comme folle. Une seule chose me rappelle à la réalité, et me rend la vie amère, c'est que mes anciennes affec- tions s'en vont et qu'aucunes ne les remplacent. Ma mère était à peine enterrée, que la mort est venue frapper sa sœur, ma tante de La.ntenne. Elle a suc- combé le 5 janvier, en cueillant une salade au jardin.• Elle avait soixante-seize ans, trois ans de plus que ma 1nère. Elle nous laisse quelque chose; mais je ne puis dire quoi, ne connaissant pas son contrat de mariage, et n'ayant pas la note des champs et acquisitions faites par la communauté. Suivant les habitudes du pays, son mari, survivant, a la jouissance du tout, et mon frère et moi ne pouvons rien avoir qu'à la mort de l'usufruitier. Dans les arrangements particuliers que nous avons faits ensemble au sujet de l'imprimerie, vous avez dù prendre hypothèque sur mes biens présents et à venir pour la somme que je vous dois; si vous ne l'avez pas fait, je vous engage à le faire. Cela se peut-il d'une n1anière générale, sans désignation ni description, c'est ce que j'ignore, et dont vous ferez bien de vous infor- mer. Dans le cas contraire, vous pourrez demander à mon frère la note de ce qui nous doit revenir; ou bien je vous la ferai passer. Je prépare les matériaux du journal hebdomadaire dont je vous ai parlé, et qui co1n1nencera, je crois, à paraître dans un mois ou au plus tard six semaines. L'entrepreneur éprouve un grand embarras~ à cause du cautionnement qui est de 50,000 francs; je ne sais com- ment cela ira. En mème temps, je m'occupe d'obtenir la gérance Biblioteca Gino Bianco

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