Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
CORRESPONDANCE l'affaire, comme disent les commerçants, ne m'appar- tienne pas; mais c·est que· je suis le seul qui puisse donner vie et succès à l'entreprise. Le prospectus, sortie en partie de ma plume, est irréalisable pour tout autre que moi; cela est si vrai que les fondateurs, rédacteurs, actionnaires et souscripteurs sont fort en peine de savoir comment je sortirai de là. Je dis donc que le journal est mien; et j'entends qu'il se conforme en tout à mes sentiments : Y sino, no. Tu conçois qu'en me faisant journaliste, je ne vais pas mener ma barque à la façon des autres, et faire une concurrence de paroles avec mes futurs confrères de la presse parisienne, qu'ils fassent leur métier comme ils l'entendent. Qu'ils vendent des premiers-Paris, des feuilletons-romans, de la méchante critique, des faits divers et des annonces; cela ne me regarde pas. Quand nous en serons là, nous verrons. Le journal le Peuple sera le premier acte de la révo- lution économique, le plan de bataille du travail contre le capital, l'organe central de toutes les opérations de la campagne que je vais commencer contre le régime propriétaire. De la critique je passe à l'action; et cette action débute par un journal. J'espère que la rédac- tion sera aussi originale que la position est exception- nelle; si Dieu me prête vie et santé, une fois l'impulsion donnée et la marche tracée, les coopérateurs viendront en foule, et tout ira à merveille. Je conçois parfa~tement tes critiques relativement au titre du journal. Ce titre m'a été imposé à moi-même; c'est dans un but de tradition, ou si tu aimes mieux de résurrection, qu'on s'est décidé pour ce mot, le Peuple. On a voulu se recommander à tous les lecteurs et actionnaires de l'ancien journal le Peuple; comme tu Biblioteca Gino Bianco
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