Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. 271 tion d'aut;rui; dans quatre jours j'aurai quitté Lyon; et dans dix ou douze, après avoir été à Besançon en passant, je serai à ·Paris. Je suis très-content, très-satisfait, du parti que je viens de prendre. Il y a assez longtemps que je ~uis au service des autres; je veux être maître à mon tour, ne fût-ce que d'une hutte_ de sauvage, d'une ligne et d'un hameçon. Et si jamais je dois supporter un patro- nage, j'aurai soin de prendre pour patron un étranger, un inconnu, qui ne soit ni mon compagnon, ni mon condisciple, ni mon ami ; qui ne mette jamais les pieds chez moi, qui ne s'occupe pas de moi, et chez qui je n'entre jamais. Je recouvre donc toute ma liberté d'action. J'ai deux cents francs devant moi; mais Guillaumin consent à éditer mon nouvel ouvrage en me payant chaque feuille au fur et à mesure, et à me prendre quelques articles , pour le Journal des Economistes. Les occasions feront le reste. Après sept années d'études spéciales, je n'ai que mon , , Economie politique pour vivre; et-comme cette Econo- mie politique n'a de valeur que par l'application, il. s?en suit que, pour que je trouve ma place dans la société, il faut que j'y fasse une révolution ... J'admets volontiers que ravenir donnera une autre solution à ce dilemme; mais pour le quart d~heure, je ne vois pas de moyen ter1ne; et je serais insensé de ne pas embrasser hardiment la seule chance de salut qui nie reste. Il s'a•git pour moi de passer le pont d'Arcole sous la mitraille, par conséquent Je vaincre ou de mourir; je suis curieux d'en voir la fin. C'est dans cette disposition d'esprit que je vais com- mencer mon journal. Je dis 1non, quoique la chose, Biblioteca Gino Bianco
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