Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

-!6ô CORRESPONDANCE décembre prochain, et qui, s'il a du succès, me ferait une position supérieure à celle d'aujourd'hui. Mais je ne lâcherai pas Lyon avant un succès bien constaté; vous pouvez m'en croire. J'ai bien ri de ce que vous me racontez de Convers. Le pauvre homme est donc rentré, sans tambourni t 1 rompette, comme les deux rats de La Fontaine, passant à la brume sous la porte de la ville, et allant se mettre· au lit comme une jeune fille qui vient de commettre avec son amant quelque sottise l Bravo la députation bisontine 1 Pour avoir quelque chose de plus bête, qu'on nomme Bretillot, cette réputation usurpée a besoin d'un piédestal pour être mise à néant. Je snis si bourru, si occupé de politique et d'affaires que je ne puis trouver le plus petit mot agréable à dire à ~({mes Blecher et à votre petite fille. Ne la mariez pas, entendez-vous, ni à un homme de lettres, ni à un homme de parti, ni à un soldat. Un bon et honnête négociant ou industriel, un franc campagnard, un estimable fonctionnaire de l'administration, tout ce qui respire la modestie, le travail, la liberté, voilà ce qu'il faut pour le bonheur d'une femme. Point d'avocats ni de substituts, surtout. Qu'elle me pardonne, cette chère enfant, ces ré__.. flexions déjà si sérieuses, et qu'elle me réconcilie avec son papa, en recevant le baiser bien fraternel que je lui envoie. Je vous serre la main. P.-J. PROUDHON, Biblioteca Gino Bianco

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==