Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J.lPROUDHON. 2?>9 même quelle inconséquence il y a dans cette prétention d8s esprits blasés ; et, à c,oup sûr, je n ,étais pas homme à m'y soumettre. Je sens profondément combien il reste à faire pour établir mes théories sur Dieu, l'âme, la destinée de l'homme, la certitude, etc. Mais enfin j'avancerai peu ù peu; et corp.meaprès tout je suis certain, parfaitement .certain, d'arriver à. un résultat positif, immédiat, en économie sociale, je trouve dans cette réalisation un argument en faveur de l'adoption ultérieure de mes autres théories. Oui, te dis-je, la société marche à un état directement inverse de celui où elle est maintenant, et elle y marche par le développement des principes mêmes qui ont fait l'état actuel. C'est ce que je démon- trerai jusqu'à l'évidence, par a plus b, indépendamment de toute considération philosophique, politique ou reli- gieuse. Cette inversion de la société, c'est mon système; quand tu auras touché le fait, comme saint Thomas, tu avoueras peut-être que j'avais raison. En attendant, mon cher philologue, je te supplie de faire pour !'Économie politique ce que tu me recom- mandes p9ur l'étymologie. L 'Économie politique, vois - tu, c'est la philosophie de la comptabilité; je te préviens, cl'après l'expérience que j'en ai faite, que tout ce qui est comptabilité est à peu près lettre close pour les. esprits qui, comme le tien, n'ont pas passé par la rou- tine des bureaux. J'ai été longtemps, pour ma part, à ne rien concevoir sur la tenue des livres, le crédit, le débit, la manière de balancer un compte; je ne corn.- prenais pas le mécanisme de la banque; je voyais par- tout des absurdités et je me trompais. C'est ce qui t'arrive quand tu raisonnes sur la balance du con1- BibliotecaGino Bianco
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