Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. d'habitude ou erreur de jugement? Je m'étais posé la question avant de prendre la plume. Je crois, mon cher Bergmann, que la forme de mon. livre, comme de toute polémique, est commandée par la nécessité. Ce que tu me reproches, tient à une théorie que je me suis faite sur la responsabilité littéraire et la personnalité des opinions, théorie qui fera quelque jour la matière d'un numéro de monjournal. Selon moi, en matière de politique, de morale pratique, de science sociale, de tout ce qui tient à la vie active et à l 'actua- lité des sociétés, les théories ne sont pas seulement des idées, des abstractions de l'esprit; ce sont aussi des intérêts, des influences, des coalitions, des intrigues, des personnes ... ; avec toi, et surtout dans une lettre, je n'ai pas besoin d'en dire davantage; tu vois ma thèse; tu comprends comment sans en vouloir aux personnes je fais, nécessairement et avec préméditation, de laper- sonnalité; enfin, tu sens qu'à tort ou à raison je suis encore guidé en cela par des considérations de science; il faut attendre mes explications avant de me con- damner. Pour tout ce qui regai:de tes objections sur Hégel, sur la définition de la valeur, sur le libre échange, sur la possibilité de sortir, par une théorie applicable, de la pratique sociale existante, je te renvoie à ma pro- chaine publication. Tu y retrouveras la plupart de tes arguments rapportés et réfutés; et quant à la conclu- - sion négative que tu veux tirer malgré moi de mon livre, tu verras par la conclusion positive que j'en donne, combien peu étaient fondées tes critiques. Pourquoi affirmer d'avance que je ne puis sortir du système actuel sans tomber dans l'utopie que je réprouve '! pourquoi ne pas attendre ma conclusion ? J'ai fait une CORRESP. Il. 17 Biblioteca Gino Bianco
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==