Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
CORRESPONDANCE d'égalités non-seulement devant la loi, mais devant la fortune, de responsabilité, de bonnes mœurs; quand il y va du salut du peuple, plus que cela, du progrès de la civilisation et de toute la dignité humaine, pense~- vous, dis-je, que je n'aie pas raison de n1e révolter, et, si je nomme mes adversaires, que je ne sois pas cent fois plus excusable que Boileau? Il se peut que je me trompe, mais mon parti en est pris, et je n'en reviens plus. Guerre à tout ce qui n1anic une plume l cela est passé chez moi à l'état de théorié, et, si quelque jour je déduisais mes raisons au public, ce ne serait pas pour me justifier, mais bien dans l'es- poir que je trouverais des imitateurs. Eh! n'est-il pas grand ten1ps qL1edes ,esprits libres s'insurgent contre cette coalition de philosophes, de savants, de journa-• listes, de jongleurs de toute espèce, qui étouffe la pensée et opprime la raison ? Mais pourquoi, dites-vous encore, dévoiler les fai- J)lesses du parti social à des adversaires triomphants'! Et pourquoi, répondrai-je à rnon tour, ces accommo- cle111entséternels avec l'erreur, avec le mal? Nous en porterons-nous mieux de tous ces palliatifs? Connaître ses défauts, c'est déjà une prcnüère victoire. Laisser rire nos adversaires : ils sont plus près qu'ils ne pen- sent des pleurs et des grin cc1nonts de dents ..... Si j'aspirais à la réputation d'écrivain correct, je croi- rais comme vous, Madame, que je fais très-mal de prendre mes mots au vocabulaire de Fourrier, de Kant, de Hegel, cle Saint-Si111011,crAclam Sn1ith et de beau- coup d'autres, en fort mauvaise odeur à l'Académie. Mais je me soucie de style et de littérature com1ne de cela. Quand je parle au public, je tâche que n1on expres- sion soit bien nelte, bien carrée, bien mordante : j0, BibliotecaGino Bianco
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