Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

DE P.-J. PROUDHO:\f. 2H et je pourrais eiter plu3 d'une exeeption. 1\Iais passons _ Est-ce que vous vous seriez imaginé qu'en prenant la plume j'ai eu en vue de faire 1110nchen1in dans la litté- rature, dans l'adn1inistration ou dans la presse? No11 ~ Madame, je ne suis point hon1111ede lettres et n'ai aucun des préjugés, aucun des en1barras de cette pro- fession.Je suis, à propre1nent parler, hon1111es d' alfair,:s. Comme tel, j'ai con1pris tout d'abord quel abime 1110 séparait de tous ceux qui, sous des 11on1sdivers, s'oc- cupent des intérêts du peuple et des chosos de la société; j'ai vu que l 'hahileté suivant la coutu1p.e, c'est- à-dire la pol~tesse, la dissiinulation, les égards, lc::i ménagen1ents, seraient de l'inhabileté, et j" en ni sur-lc- champ pris mon parti. J'aurai raison contre tout le inonde ou je succomberai à la peine. Raison contre tout le inonde! pensez-vous. Et pour- quoi pas, si en 1nên1e tc1nps tout le 111ondcest de 1110n avis? Le nombre des adversaires vous épouvante; ii m'anime, au contraire. Car je crois que dans la carrière antireligieuse , antipropriétaire , antimonar- chique, etc., etc., oü je suis entré, s'il y avait une seule opinion avec laquelle je ne fusse pas en désaccord, je ne serais plus d'accord avec moi-mê1ne, j'aurais torL infailliblement. Au point de vue de nies théories, je devais doue faire ce que j'ai fait; quant aux personnn- lités, vous 1ne permettrez, Mada1ne, de vous rcnyoycr à la neuvième satire de Boileau : Qn' on prise sa candeur, et sa civilité, etc. Vous savez co1nme il traita ChapelaiIL Or, penscz- vous, Madame, quand au lieu d~hémistiche il s'agit de liberté, de droit au travail, de ~répartit-ion des produits, CORRESl'. II. iG BibliotecaGino Bianco

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