Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE J.-P. PROUDHON. 03,.. ,., ' n1ême qui l'enseignent : science des inté1·êts1naté1~iels, et que j'appelle, moi, l'histoire naturelle de la société. Si j'avais réussi à utiliser, ou pour mieux dire à réaliser de la sorte les idées transcendantales de nos philoso- phes, je me croirais suffisan11nen t récon1pensé de n1es travaux; j'aurais planté un jalon dans ce vaste réseall de triangulation sociale. Votre Essai sit1~ la libe1·té, que j'ai 1 u tout entier, a été pour 1noi d'un effet agréabld, mais encore plus utile. J'ai trouvé un grand contentement d,esprit à obser:ver con1ment, dans l'intelligence plutôt spontanée que rai- sonneuse, plus syn1pathique que créatrice, d'une fe1nn1e, se traduisaient les idées gigantesques des n1odernes penseurs. Je ne vous parlerai pas du style, auquel j'ai trouvé générale1nent des qualitR,s viriles, qui m'auraient trompé sur le sexe de l'auteur; s'il n'avait eu la bonté de me prévenir lui-1nême sur ce point. Je ne considère pour le moment que la substance de votre travail, et je vous avoue, Mada111e, que j'ai été surpris de cette puissance d'assünilation, qui rend chez vous si natu- relles et sin1ples des choses que nous autres théoriciens à grand eflet ne produisons qu'avec le secours des plus puissants appareils. Ç,a éLépour 1noi une preuve de plus que toute vérité, selon qu'on l'envisage, peut paraître tour à tour excessivement simple ou excessi- vement complexe. Je voudrais cependant, 11Iadan1e,pour être tout à fait d'accord avec vous, retrancher d'un ~uvrage où brillent à la fois tant de facilité, de haute raison, de connais- sances acquises et de sentiments généreux, les lieux communs relatifs à l'émancipation de la femme et à l'abolition de la peine de mort. Il y a, sur ces deux. graves questions, autre chose à dire que tout ce qu,ont BibliotecaGino Bianco
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