Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

' DE P.,..J. PROUDHON. 231 simplem-ent, comm-e je l'ai fait depui,s 1840, que la Pro- priété qui se con-stitue nécessa-irement dans la société, s'y détruit aussi né(tessairement. Voilà ce que j'entendais déjà, dans naon premier Mémoire, quand je disais que je n'étais. ni propriétaire, ni communiste, double négation qui revenait à dire: la Propriété et la communauté sont deux antinomies, deux principes à la fois irréalisables et nécessaires. Je sais que cette dialectique hégélienne n'est pas de votre goût, et, comme vos confrères de la Sorbonne, vous accusez de scepticisme ceux-là même qui préten- dent avoir à jamais renversé le scepticisme. Je ne veux point entamer cette discussion dans une lettre; je vous dirai seulement que la logique de Hegel, telle que je la comprends, satisfait infiniment plus ma raison que tous les vieux apophthegmes dont on nous a bourrés dès l'en1- fauce, pour nous rendre compte de certains accidents de la raison et de la société. Qu'est-ce à dire, je vous le demande, que toutes ces maximes surannées : Cliaquechose a ses avantages et ses inconvénients; - la sagesseest dans le milieu et fuit les extrêmes; - ne pas confondrel'usage et l'abus, et autres balivernes, qui à l'analyse se réduisent à des conceptions absurdes? En lisant les Antinomies de Kant, j'y avais vu, non pas la preuve de la faiblesse de notre raison ni un exemple de su~tilité dialectique, mais une véritable loi de la nature et de la pensée. - Hegel a fait voir que cette·loi était beaucoup plus générale que n'avait paru le supposer Kant; et, sans qu'il soit besoin de suivre. Hegel dans son infructueuse tentative de construire le monde des réalités avec de .prétendus a priori de la raison, on peut hardiment soutenir, ce me semble, que Biblioteca Gino Bianco '

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