Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. je compte que votre conseil de rédaction ne me refusera pas la faculté de répliquer, s'il me convient d'en faire usage. Vous me l'avez promis; la loi me l'accorde, et l'intérêt de la discussion le réclame. Je vous déclare cependant que, si pour faire insérer mes réponses je devais recourir au ministère de l'huissier, je renonce- rais à tout. Je regrette de n'être point d'accord avec vous sur les motifs d'exclusion par lesquels vous prétendez justifier votre spécialité étroite d'éditeur économiste, et je vous dirai tout net que si, dans votre cornmerce, vous êtes asservi à une loi de proscription, com1ne un bouqui- niste de séminaire, contre tout ce qui peut contrarier les idées de vos patrons, vous n'êtes plus dans les con- ditions du libre exan1en, de la presse libre, ni même du libre échange. Il ne s'agit point de déshonorer votre établissement par toutes les rapsodies qu'il peut venir en tête des socialistes de publier, ni de donner cours à de sales pamphlets; il s'agit, con1mej'avais l'honneur de vous le dire dans mon avant-dernière, de faire de votre magasin le chan1p de bataille des idées sociales, lesquelles sont en train, comme vous pouvez voir, de noyer les idées politiques, mystiques, diplomatiques et philosophiques. D'ici à deux ans, l'Economie politique ou Economie sociale, ou science économique, ou tout ce qu'il vous plaira, sera tout dans l'opinion, et tiendra la tête de l'encyclopédie humaine; mais cette science est en train de se construire, et, si elle n'est pas faite, on peut déjà en distinguer les belles proportions. Provoquez-donc, autant qu'il est en vous, la lutte des idées; surtout, tâchez d'avoir pour rédacteurs des hommes d'un esprit plus élevé et plus compréhensif que ceux qui rédigent habituellement votre Revue, et COIUŒSP. II. US BibliotecaGino Bianco
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==