Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
.. CORRESPONDANCE corruption. Ce qui me surprend, c'est que les journa- listes eux-mêmes sont si peu au courant de la loi élec- torale qu'ils n'ont pas réclamé en masse contre le rejet de Convers. Notre gouvernement, ou pour mieux dire notre dynastie, est à son apogée, mais j'avoue que si j'ai fort à me plaindre des hommes de l'opposition de la république, le triomphe du système ne m'éblouit pas et que la répulsion qu'il m'inspire ne fait que s'accroitre. Puisque vous aimez à savoir ce que je pense, je ne vous dissimule pas que la réalisation de mes projets ne se sépare plus dans mon esprit du renversement de Louis- Philippe ou de son successeur, si tant est que nous attendions jusque-là. Il s'agit dans notre siècle de ' cimenter l'alliance entre la bourgeoisie- travailleuse et la classe ouvrière proprement dite ; tout 1~ reste doit disparaître ou passer sous les fourches. Ce qu'il faut faire pour cela> c'est d'expliquer à la bourgeoisie et aux salariés les vrais rapports qui ]es unissent, de leur dévoiler la loi de l'écliange, loi qui embrasse tout : agri- culture, commerce, industrie, et qui gouverne à l'insti des hommes les affaires de ce monde comme si c'était la Providence elle-n1ême. Ces idées, je le crois, seront facilement comprises; mais encore une fois pour sceller cette belle union, il faut le sacrifice de tous les abus, de tous les préjugés et de ceux qui en vivent. Or le nombre en est incroyable , et je m'attends à une effroyable mêlée. Mes respects très-humbles à Mmes Blecher et mes amitiés à votre petite Laure. Vous pouvez vendre à l'épicier, si vous le voulez, le Bergier. J'en désespère, tout bien considéré. Tout à vous. P.-J. PROUDHON. Biblioteca Gino Bianco
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