Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
2·12 CORRESPONDANCE patrons. Tout ce que donne d'avantages à un négociant le crédit, les capitaux à bon marché, une activité sou- tenue, une ardeur au gain qui ne se ralentit pas, nous ravons ici. Ce qui m'amuse ensuite, c'est de voir ces ~Iessieurs à la veille d'être beaucoup plus riches que leur tempérament ne le comporte ; ils sauraient très- bien manger, chacun à leur ménage, 6 à 8,000 livres de rente ; mais comme millionnaires , ils ne seront ·j an1ais que d'habiles faiseurs d'épargnes pour ceux qui un jour leur succéderont. Les extrêmesse touchent, dit le proverbe ; des frères Gauthier, passons à moi, puisqu'enfin vous avez la bonté de vous informer de votre serviteur. Je viens d'écrire la dernière page de mon livre; il aura paru dans un mois deux volumes in-8°. Ce tra- vail acharné de plus de dix-huit mois me vaudra, pour la première édition (et je ne réponds pas du tout qu'il en sera fait une deuxième édition), 1,000 francs. Mon but, en publiant cette rapsodie, qui sera la dernière de cette espèce, a été de prendre une position décisive dans le monde économique et d'arriver ensuite à faire valoir, plus utilement que je n'ai fait encore, mes petites con- naissances. Les frères Gauthier m'ont aidé à atteindre ce résultat ; car il faut dire que mes services sont bien loin de valoir ce qu'ils me donnent, à moins que je ne porte en ligne de compte ma qualité de confident et d'lio1nme de conipagnie. En ce cas, ils 1ne redevraient quelque chose ... Vous sentez, mon cher Maurice, et je n'ai que faire de vous le redire, que cette situation ne me va pas le moins du monde, et que si je ne croyais préparer un coup décisif, je ne mènerais pas cette vie vagabonde et incertaine, sans dignité comme sans fruit. Mais ce que Biblioteca Gino Bianco •
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