Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
DE P.-J. PROUDHON. 211 voici que, contre toute espérance, on y a déc0uvert une couche de charbon de forge, première qualité, ce qui porte immédiatement au double les bénéfices de l'ex- traction. Les produits annuels de cette exploitation pourront très-bien atteindre, nets, 150,000 francs. Il y a un tiers, intéressé pnur un cinquième. Vous voyez, mon cher, qu'il n'y a qu'à être bien Bngrené et avoir un peu de chance, la forLune vienL alors toute seule. Les fèrres Gauthier sont en train d'avoir quelques millions d'ici à quinze ou vingt ans, ù moins de sinistre ou avarie. L'origine de tout cela se résume en deux points: l'entreprise du ren1orqueur sur Saône, qui pouvait être, comme bien d'autres, un forL méchant outil, et qui, par aventure, s'est trouvé excellent, d'une grande force de traction, économisant 300 francs par jour sur le combusLible et donnant, aux prix les plus bas, de 1nagnifiques résultats. La seconde cause de succès, c'est de s'être jelé dans une industrie dont los exploi- tants avaient l'habitude de travailler à très-haut prix, et par conséquent d'avoir pu obtenir, moyennant quel- ques réductions, un travail qui pouvait lnisser encôre de gros bénéfices. Depuis '}Ue les frères Gauthier existent, ils ont fait le bon marché partout; ils le sou- tiennent encore, et cependant longtemps la concur- rence les a laissé faire. 11 en est résulté qu'on a aban- donné la concurrence et que la clientèle leur est venue. Aujourd'hui, les entreprises de transport paraissent devoir être moins belles; l'abolition des droits sur les canaux achèverait de les rendre plus lucratives, en les rendant plus faciles. Mais la houille nous reste , et avec cela nous sommes toujours maîtres de la position. Voilà, en peu de mots, quelle est la position de 1nes BibliotecaGino Bianco
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