Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

I 208 . CORRESPONDANCE vivre. Jilu Yic iucertain-e et ambulante, pleine d'imprévus ·et de contrariétés, exige cette par:faite indépendance, ce complet dégagement. Je travaille un peu pour n1'aider à vivre, et beaucoup pour n1ener. à fin mes études spéculatives; sous ce dernier rapport, j'espère arriver bientôt à ia fin de nia tâche, et s'il faut vous dire tout, mon cher Acker1nann, passer incessamment de l'idée à la réalisation. Iv.Iais c'est là une matière irri.111ense, et I dont huit jours entiers de conversation su/fi.raient à peine à vous donner l'idée. Qu'il vous suffise d'ap- prendre que d'ici à un an je serai ton1bé con1pléte1nent sous l'absurde et le riclicu1e de 111esthéories, ou quo j'aurai inaugur~ le plus vaste 1nouvement révolution- naire, le plus radical, le plus décisif qui se soit vu sur le globe. Peut-être aussi ne suis-je ni si voisin d'une chute, ni si près de l'apothéose, et qu'il en sera de mes plans comn1e de tant de chose.3, qui avaient apparu à leurs auteurs des montagnes, tandis qu'elles n'étaient quo des taupinéos. Quoi qu'il arrive, je ne ùc1nande à per- sonne de n1e faire grâce, excepté à 1nes a1nis. Il 1ne tarde de vous voir, et votre maladie de langueur 1n'onnuie fort. Si vous n'ètes pas trop mal pour vous mettre en route, quittez vos montagnes, où l'air est trop vif et trop frais pour un convalescent, et prenez la voiture de Châlons, oü vous pouvez arriver en n1oins de vingt-quatre heures. De Châlons, le bateau à vapeur .vous apporte ici en sept heures, trente-six lieues. C'est la n1anière la plus agréable de voyager; point fatigante et pas chère. De Lyon, .vous pouvez aller voir votre frère à Giv011 en deux heures. Puis la navigation du Rhône yous transporte à ... i\ . vi- BibliotecaGino Bianco

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