Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

() CORRESPONDANCE Je vous le répète, M. Guillaumin, mes sentiments à l'égard des hommes sont tels que je vous les ai maintes fois exprimés; mais telle est la difficulté, l'extrême délicatesse des matières que nous traitons, qu'à chaque instant on est exposé à faire reto1nber involontairement sur les intentions des personnes ce que ron n,entend reprocher qu'à leurs idées. Non--seulement donc j'ac- cueille volontiers vos représentations, mais je proteste , coutre toute supposition contraire que l'on faisait à 1110négard, et je la regarde même comme une injure. Je vais vous faire adresser de Besançon un petit ballot de brochures, ainsi que nous en sommes con- venus; une douzaine ou deux de chacune. Le retard dont vous vous plaignez était inévitable. Sans compter l'éloignement oüje suis, et qui ne permet plus aux épreuves d,aller et venir en vingt-quatre heures, j'étais tellement épuisé à mon départ de Paris., que j'en éprouvais dos éblouissements. J'ai eu une petite n1aladie d'yeux qui m'a condamné au repos pen- dant plus de huit jours; je vais reprendre ma mise au net, et puis nous irons do l'avant. Si l'imprimeur avait do la lettre assez pour huit feuilles, nous irions aussi vite que par le passé, c'est-à-dire une feuille tous les deux j.ours. Quelques lectures nouvelles, quelques con- versations philosophiques ont achevé de mûrir mon ouvrage; et j'ose espérer aujourd'hui que vous n'aurez rien perdu pour quelques semaines de retard. La ques- tion rnaltlzusienne, que je dois traiter entre autres, est d'une telle importance, qu'à elle seule elle peut faire la fortune d'un écrit. Je n'ai point la prétention do l'épuiser, mais je crois que je l'agrandirai. Malthus est tout à fait un écrivain de mon goût et un beau carac- tère; il a fait comme A. Smith, ce qu'il a pu; il mérite BibliotecaGino Bianco

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