Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

.. DE P.-J. PROUDHON. Je crai~s bien quo vous n'ayez vu cet écrivain sous un jour faux; j'en appelle, mon cher Monsieur Marx, à votre sens rassis. G**t· se trouve exilé, sans fortune, avec une fem1ne et deux enfants, n'ayant pour vivre que sa plume. Que voulez-vous qu'il exploite pour vivre, si ce n'est les idées modernes? Je c0mprends votre courroux philosophique, et je conviens que la sainte parole de I1humanité ne devrait jamais faire la matière d'un trafic; mais je ne veux voir ici que le 111alheur, l'cxtrê1ne nécessité, et j'excuse l'hon1n1e. Ah! si nous étions tous millionnaires, les choses se passe- raient mieux; nous serions des saints et des anges. J.\,Iais il faut vivre; et vous savez que ce mot n'exprime pas encore, tant s'en faut, l'idée que donne la théorie pure de l'association. Il faut vivre , · c'est-à-dire acheter du pain, du bois 1 de la viande, payer un maître de maison; et ma foi l celui qui vend des idéas sociales n'est pas plus indigne que celui qui vend un sermon . J'ignore complétement si G*** s'est donné lui-même comme étant mon précepteur; précepteur de quoi? je ne m'occupe que d'Économie politique, chose dont il ne sait à peu près rien; je regarde la littérature comme un jouet de petite fille; et quant à la philosophie, j'en sais assez pour avoir le droit de m'en moquer à l'occasion. G·**·* ne m'a rien dévoilé du tout; s'il l'a dit, il a dit .. une impertinenca dont je suis sùr qu'il se repent. Ce que je sais et que j'estime plus que je ne blâme, un patit accès de vanité, c'est que je ·dois à M. G*·:r*, ainsi qu'à son ami Ewerbeck, la connaissance que j'ai de vos écrits, mon cher Monsieur Marx, de ceux de M. Engels, et de l'ouvrage si in1portant de Feuerbach. Ces messieurs, à n1a prière, ont bien voulu faire quelques analyses pour moi en français (car j'ai le BibliotecaGino Bianco

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