Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

CORRESPONDANCE mê1ne, mais faite à mauvaise intention. A la tyrannie de quelques hommes, le ministre substitue son omni- potence; il y aura plus d'unité dans le despotisme, par , conséquent le motif de ce coup d'Etat était plus que suffisant. Le gouvernement aime à entretenir 100,000 hommes en Afrique, parce que cela lui donne des créatures. Il aurait préféré laisser entièrement les chemins de fer aux compagnies et ne s'en point mêler, quant à l'exé- cution, parce que de telles entreprises sont un puissant moyen de faire naître cette aristocratie dont je vous parle, et que d'un autre côté on se doute dans le gou- vernement que les chemins de fer sont en général de pauvres affaires, et qu'il aurait voulu n'en pas prendre la responsabilité. Le gouvernen1ent craint les agitations de la classe ouvrière qui comraence à se 111ontrer redoutable en .A.ngleterre, en Allemagne et en Suisse, et qui en France est hostile; c'est pour cela qu'il a mitonné une loi sur les livrets, qui enrégimente et discipline les . ouvriers. Le gouvernement est prodigue d'emplois et de faveurs; mais il ne les acco!de en général qu'à ses créa- tures; le n1érite seul n'a rien. J'en connais des exe111ples par douzaines. Les députés sont entrés tout à fait dans l'esprit du gouvernement, et la haute bourgeoisie ne songe plus qu'à s'arrondir, à manger le budget, à se faire des n1onopoles, et à éloigner d'elle le peuple. En revoyant cette année n1es Èconon1istes, je les ai trouvés eux-mêmes infectés de cet esprit, et ne s'occu- pant plus qu'à obtenir des places. X*** est directeur de la Compagnie du chen1in de fer de Bordeaux à la Teste; Biblioteca Gino Bianco

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