Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

DE P.-J. PROUDHON. !91 Bintot a dû recevoir, il y a environ deux mois, deux douzaines d'exemplaires de ma brochure sur les canaux et clierninsde fer·; cet envoi lui a été fait à Litre de dépôt, puisque Bintot ne l'avait pas demandé, et à n1a seule instigationo J c vous prie donc de faire prendre n~te de cet arLicle, et, pour plus de sùreté, je vous invite à ne livrer les Jeûnes de Jésus-Christ que sur reconnaissance offi- cielle de ce dépôt. Au reste, le paquet devait être accompagné d'une leLtre de Guillaun1in, le libraire expéditeur , laquelle servira à éclaircir la question. Bintot, de son côté, en dira son avis. Sur la politique du n101nent, je ne puis vous faire part que do 111esréfloxious, car je no vois personne. Ma vie, à Paris, se passe comn1e-si j'éLais en prison. Je vous dirai clônc qu'autant qu'il m'est possible d'en juger, le gouvernement travaille à rendre la monarchie indépendante de la nation, et à constituer une arislo- cratie nouvelle autour du trône. Ce point de vue, auquel concourent également Thiers, Guizot et la Gauche, malgré leurs disputes, est le seul qui rende intelligibles les actes du gouvernement. Le gouvernement se rattache le clergé, parce que la religion, ou si vous aimez mieux la bigoterie, est de l'essence monarchique. Le gouvernement ne hait pas les jésuites, parce qu'il s'entendrait avec eux encore mieux qu'avec une Chambre. Il n'aime pas que les universitaires, autre clique qui ne vaut pas mieux que les jésüites, 'fassent une trop rude guerre au clergé, parce que le clergé est plus puissant et plus précieux pour la dynastie que les universitaires. Il a dissous l'ancien conseil de l'instruction publique ; réforme bonne et légale en elle- BibliotecaGino Bianco

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