Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
• 188 CORRESPONDANCE sues financières, les conseillères superbes, et toutes ces bourgeoises de haute volée continuent-elles à ne pas payer leurs tailleuses, ni le.ur modiste, ni même leur boulangère? - Pourriez-vous encore me dire, Mes- dames, si le monde officiel est toujours aussi gourmé, le monde académique aussi sot, le monde dévot aussi haineux et aussi haïssable, le monde municipal aussi bouffi? ... Que de questions, allez-vous dire, à de pauvres recluses qui ne connaissent que le travail, et n'ont pas le temps de s'informer de ce que font les pédants, les cafards et les porteurs d'écharpes tricolores! Parlons donc, si vous voulez, d'autre chose. Je vous préviens, Mesdames, que je travaille en ce moment à un gros livre dans lequel je mets en cause tout le monde, Dieu et les hommes, mais, où je ne dis guère de mal des femmes !.. . Ne croyez pas, je vous prie, ~iesdames, que si j'en use de la sorte à l'égard du sexe, ce soit par discrétion; oh! je ne suis pas si mé- chant; mais j'ai trouvé, tout bien considéré, que dans cette cohue qu'on appelle la société, les femmes sont encore la partie la plus excusable. En considération de cette découverte, j'ose espérer de vous, Mesdames, j'at- tends de votre obligeance, je réclame de votre justice, que vous prendrez à l'avenir ma défense contre toutes les 1néchantes langues qui vous tomberont sous la main. Si donc on m'accusait de misanthropie, vous soutiendrez que j'ai le cœur le plus aimant, le plus candide, le moins malicieux qui soit sorti des mains du Créateur. Si l'on me reprochait d'être athée, par la raison que je n'ai pas cru devoir ménager dans ma cri- , tique le Père Eternel plus que mes semblables, vous affirmerez encore que j'ai toute la foi d'un saint Pierre, Biblioteca Gino Bianco
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