Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875

DEP.-J. PROUDHON. 175 aucun motif plausible pour accepter ta dédicace. Je suis encore à l'index du pouvoir et toujours signalé parmi les hommes dangereux ; - d'un autre côté, mon métier de batelier fait une assez triste figure à côté du nom d'un professeur de Faculté. Je conçois cette correspondance entre nous , mais sécrète; dès qu'il s'agit d'impression, il me semble que c'est aux Burnouf et autres de cette force qu'il faut t'adresser. Tu réfléchiras là-dessus ; je te déclare que je trou- verai tout simple que tu changes d'avis, malgré la glo- riole qne j'y perdrai. Pour ce qui concerne le libraire, je crois pouvoir te le trouver facilement; tu n'as qu'à m'envoyer ton manuscrit sans retard, parce que je compte partir le 15 février prochain, pour assister à l'audience du tribunal de Mâcon le 20. Je serais bien aise de ne pas laisser cette affaire en d'autres mains. quoique Dessirier soit tout dévoué à tes intérêts com1ne . aux miens. J'ai entrepris trop de besogne pour aller aussi vite que je l'espérais. Je commence une série de six Mémoires, peut-être sept qui doivent se suivre consécutivement : le premier a déjà 400 pages. Cest une critique générale de l'Économie politique au point de vue des antinomies sociales. J'espère à la fin apprendre au public franç~is ce que c'est que la dialectique; n'est-il pas déplorable, tandis qu'en Allemagne tout écrivain s'assujettit à une forme méthodique connue, et indique toujours le procédé logique dont il se sert, qu'en France, on ergote éter- nellement à tort et à travers sans pouvoir jamais s'en- tendre? C'est cette néce~sité de discipline pour la raison que j'ai cru inaugurer le premier sous le nom de théorie ou dialectique sérielle, et dont Hegel avait déjà donné BibliotecaGino Bianco

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