Correspondance de P.J. Proudhon - Vol. 2 - 1875
174 CORRESPONDANCE Paris, 19 janvier 1845. A Thil. BERGMANN Mon cher Bergmann, je regrette fort d'avoir été si longtemps privé par mon étourderie du plaisir de rece- voir de tes nouvelles. Je pensais t'écrire ces jours-ci pour te faire, ainsi qu'à Mme Bergmann, mes souhaits de bonne année; il se trouve que c'est toi qui me pré- viens. Merci donc de ta diligence et de ton souvenir. Tu dois penser que je me trouverais singulièrement flatté du projet dont tu me fais part, mais je crains bien que cette espèce de ? 4 evanclie, que tu me proposes de prendre avec moi, n'aboutisse à me rendre ridicule. Tu n'aurais guère pour prétexte que l'idée que j'ai émise autrefois dans cet Essai de gra11imai1~e sur la possibilité ,le prouver l'unité du genre humain par l'unité d'ori- gine des langues, idée dont je suis bien revenu : l'iden- tité ne t8nant pas, selon mon opinion prés_ente, à l'exacte uniformité du type, non plus qu'à la communauté de la so.uche, ainsi qu'au décalquement, si je puis ainsi dire, '1 'une prétendue langue primitive. A part cette petite hérésie qui fut mienne quelque mois durant et que per- sonne, hormis toi, parmi ceux qui en ont eu connais- !:iance, n'était en état de réfuter, je ne trouve en moi BibliotecaGino Bianco
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==